Le Pays De France - Après l'affaire Lyhanna, mobilisation pour une loi globale contre les violences sexuelles

Paris -
Après l'affaire Lyhanna, mobilisation pour une loi globale contre les violences sexuelles
Après l'affaire Lyhanna, mobilisation pour une loi globale contre les violences sexuelles / Photo: © AFP

Après l'affaire Lyhanna, mobilisation pour une loi globale contre les violences sexuelles

Associations féministes et de défense des enfants appellent samedi à une "grande marche citoyenne" dans toute la France contre les violences sexuelles, une mobilisation qui fait suite à la mort de la collégienne Lyhanna dans le Gers.

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Elles entendent s'appuyer sur l'émotion suscitée par le viol et le meurtre de la collégienne de 11 ans pour rappeler leur demande d'une "loi-cadre intégrale", réclamée depuis fin 2024 - soit un texte pour lutter "à 360 degrés" contre ces violences, allant de la prévention et du traitement judiciaire à l'accompagnement des victimes, notamment les plus vulnérables.

A Paris, la marche doit s'élancer vers 15h30 de la place de la Bastille vers Nation.

En régions, des rassemblements sont annoncés dans quelque 80 villes, comme Agen, Dijon, Bordeaux ou Rennes.

Dans son appel, la "coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale" demande de "reconnaître le caractère systémique" des violences sexuelles "dans une société patriarcale" et une loi "globale" plutôt que des "mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives".

"La surenchère répressive prônée par l'extrême droite et la droite extrême ne protégera ni les femmes ni les enfants", poursuit le texte, en référence à des propositions comme la "castration chimique, la perpétuité réelle, ou le rétablissement de la peine de mort".

Cette coalition de 130 organisations avait proposé fin 2024 un ensemble de 140 mesures destinées à lutter de façon globale contre les violences de tous ordres faites aux femmes et aux enfants, sur le modèle de l'Espagne.

Elles ont inspiré une proposition de loi de 78 mesures déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et cosignée par une centaine de députés principalement de gauche (hors LFI) et de la coalition gouvernementale.

- Au Parlement à l'automne -

Depuis l'affaire Lyhanna, la coalition organise chaque lundi soir des rassemblements devant les tribunaux en régions et devant le ministère de la Justice à Paris. Plus de 340.000 personnes ont signé une pétition en ligne pour cette loi.

Confortée par les affaires Bruel et du périscolaire parisien, "cette immense mobilisation est inédite dans le mouvement féministe et amène à nous de nouvelles personnes", selon la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert.

Pour la militante féministe Suzy Rojtman, les organisations féministes ont "opéré une jonction avec les organisations enfantistes" et "parviennent à entraîner un véritable mouvement citoyen après le meurtre de Lyhanna, ce qui est historique".

La coalition revendique aujourd'hui 160 organisations, dont la CGT, des associations de défense des migrants, personnes handicapées ou LGBTQ+. Une trentaine les ont rejointes récemment, comme la FCPE (parents d'élèves) et le collectif de parents SOS-Périscolaire.

Dans le sillage du drame, le gouvernement a annoncé des mesures de lutte contre la pédocriminalité, dont certaines inspirées des associations.

Une partie a été intégrée au projet de loi sur la protection des enfants, qui doit être examiné dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 15 juillet, d'autres ajoutées au texte sur la justice criminelle également débattu par les députés.

La ministre chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé a indiqué mercredi que le gouvernement recevrait les parlementaires mi-juillet pour "arbitrer" les mesures qui pourraient, elles, intégrer une future loi intégrale, dont l'examen est promis pour sa part à l'automne.

Malgré ces annonces, les associations maintiennent leur mobilisation car elles redoutent que le gouvernement ne retienne qu'une partie des dispositions réclamées. Elles réclament l'ensemble du dispositif, assorti d'un budget pour la mettre en oeuvre, évalué à quelque 3 milliards d'euros par an.

(M.LaRue--LPdF)