Le Pays De France - En Afghanistan, la pluie complique les recherches des disparus d'une crue dévastatrice

Paris -
En Afghanistan, la pluie complique les recherches des disparus d'une crue dévastatrice

En Afghanistan, la pluie complique les recherches des disparus d'une crue dévastatrice

De nouvelles pluies compliquent mardi les recherches des corps d'une centaine de personnes toujours portées disparues dans les crues meurtrières qui ont frappé la veille une région reculée du nord-est de l'Afghanistan.

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Dans l'après-midi, les autorités ont émis un nouvel avertissement en raison du risque de crues brutales dans la province montagneuse et difficile d'accès du Nouristan, où 23 personnes ont péri lundi.

Des tirs de sommation depuis le haut des montagnes ont été entendus par un correspondant de l'AFP pour mettre en garde les habitants de Parun, le chef-lieu provincial niché dans la vallée, contre une nouvelle montée des eaux de la rivière du même nom.

La ville a été particulièrement frappée. Les flots déchaînés ont emporté de nombreuses boutiques et bâtiments du centre-ville, selon un correspondant de l'AFP. Près du pont central enjambant la rivière, la désolation est totale: les magasins d'alimentation, un hôtel et plusieurs bâtiments ont disparu.

"Personne dans la région n'imaginait que l'eau monterait si haut", a indiqué à l'AFP le porte-parole du Croissant-Rouge afghan, Juma Khan Nayel dont les équipes fouillent sans relâche un amas de boue, de rochers et de bâtiments effondrés pour retrouver des corps. Des habitants les aident avec des pelles ou à mains nues.

Ils sortent peu à peu des corps. Celui du maire de la ville, Sayed Ahmad Arhabi, a été retrouvé mardi après-midi, a confirmé à l'AFP le porte-parole adjoint du gouvernement taliban Hamdullah Fitrat.

- "Traumatisés" -

"J'ai vu beaucoup de crues à Parun, mais je n'en ai jamais vu d'aussi dangereuse. Je me suis blessé en essayant de fuir plus haut dans la montagne, il pleuvait, c'était difficile de grimper", raconte à l'AFP Farid Gul Zaheer, un pharmacien de 34 ans.

"Quand je me suis retourné, la ville avait été détruite", ajoute-t-il en précisant avoir perdu sa pharmacie, "fruit du travail de toute une vie".

"Tout le monde a peur, les gens sont traumatisés, personne n'a dormi", poursuit-il.

Des militaires ont été envoyés en renfort, selon le gouvernement.

"Nous devons distribuer de manière urgente de l'aide alimentaire", a précisé le Croissant-Rouge, ainsi que de l'eau potable.

Des familles se retrouvent également sans abri, et il faudra des tentes pour les héberger à court terme puis de l'aide pour qu'ils puissent reconstruire leurs maisons, a ajouté Juma Khan Nayel.

"L'aide est en route. Une équipe envoyée par le Premier ministre arrive avec des vivres et une assistance financière", a affirmé le gouverneur du Nouristan Zain-ul-Abidin Abid.

Les différentes agences de l'ONU présentes en Afghanistan préparent une mission d'évaluation des dégâts, a indiqué mardi à l'AFP la porte-parole du Bureau de coordination pour les Affaires humanitaires (OCHA) Olga Cherevko.

L'Afghanistan ne génère que 0,08% des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement mondial, mais est en revanche l'un des pays les plus touchés par les effets dévastateurs du changement climatique, selon l'ONU.

"Les ressources en eau ont été affectées, les glaciers fondent et les inondations ont augmenté", ce qui "contribue à la crise humanitaire dans le pays", avait rappelé début juillet le directeur de l'Agence afghane pour la protection de l'Environnement (GEPA), Mati-ul-Haq Khalis.

Des crues meurtrières ont aussi fait 12 morts dont cinq enfants lundi au Pakistan, dans la province septentrionale de Khyber Pakhtunkhwa, voisine de l'Afghanistan, selon l'Agence régionale pour les situations d'urgence.

Plus de 200 personnes avaient péri au printemps en Afghanistan et au Pakistan à cause des précipitations et des inondations.

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(F.Bonnet--LPdF)