Feu dans les Landes : "amorce" de retour à la normale, de premiers évacués autorisés à rentrer
Un feu "moins intense" mais "pas encore fixé" : la lutte entamée depuis quatre jours contre le vaste feu de forêt dans les Landes porte ses fruits, avec une première vague d'habitants évacués autorisés à rentrer chez eux dimanche soir.
"On a bien travaillé, le feu est moins intense mais il n'est pas encore fixé", a annoncé dans son dernier point de situation dimanche soir le préfet des Landes Gilles Clavreul.
Depuis jeudi, l'incendie a ravagé 1.700 hectares de pinèdes, provoquant l'évacuation de 650 habitants dans les villages de Luglon et Garein, sans dégâts matériels, au cœur de l'immense massif des Landes de Gascogne.
Pour M. Clavreul, "il y a des zones qui maintenant sont vraiment à l'abri du feu" et permettent la "réintégration dès ce soir d'une cinquantaine d'habitants" de Garein.
"On est dans une amorce de retour à la normale" mais des zones "difficiles et dangereuses (...) sont toujours très actives", a nuancé le préfet des Landes, disant espérer "progressivement, au cours de la semaine", le retour de la totalité des habitants chez eux.
Selon le colonel Arnaud Fabre, patron des pompiers du département, "une seule reprise de feu" a été constatée dimanche, permettant aux 550 sapeurs-pompiers mobilisés dans le massif et appuyés par des dizaines de bénévoles, agriculteurs et habitants du territoire de "sécuriser un maximum de lisières".
- "On a bossé comme des monstres" -
À bord de plusieurs camions-citernes pour feux de forêt, ou à pied munis de lances à incendie, ces équipes ont pénétré par une dense végétation dans le massif pour noyer sous la mousse cette reprise de feu, sur un terrain carbonisé et fumant de plusieurs centaines de mètres, a constaté une équipe de l'AFP.
"L'objectif, c'est de fixer la lisière, qu'elle ne progresse plus, qu'elle arrête de grignoter la végétation et qu'elle ne s'approche pas des habitations", a expliqué sur place le chef d'une colonne de pompiers des Landes, Gwendal Sirvent.
"C'est un travail de fourmi, méticuleux", a complété le commandant Alexandre Bourmaud, chef de secteur. Mais c'est un travail "essentiel car les reprises de feux sont souvent plus violentes que les feux eux-mêmes (...). Si on avait mis cinq minutes de plus, la reprise faisait un hectare".
"C'est un territoire où l'eau n'est pas accessible et disponible facilement", or les agriculteurs disposent de cuves de plus de 16.000 litres, qu'ils "mettent à disposition pour que les pompiers s'approvisionnent (...). Ça les aide beaucoup, les pompiers gagnent du temps", a souligné Vincent Villenave, vice-président de la chambre d'agriculture des Landes.
Bottes aux pieds et béret sur la tête, Gérard Uriona, un habitant de Luglon qui a refusé d'évacuer pour "sauver (sa) maison" léchée jeudi par les flammes, sort d'une parcelle brûlée en bordure du village. "On a bossé comme des monstres toute la nuit", souffle-t-il.
"Ça fait trois jours qu'on ne dort pas. Notre mission c'est de pister le feu et d'éteindre les reprises. Le sol est encore chaud, il peut repartir à tout moment", s'inquiète ce retraité de 75 ans, bénévole de la Direction des forêts contre les incendies (DFCI).
Alors que deux Dash, quatre Canadair et le mégahélicoptère Chinook, prêté par l'Australie, s'étaient relayés incessamment samedi dans le ciel, les moyens aériens mobilisés ont été plus discrets dimanche.
- Lecornu en Gironde -
Il s'agit du troisième incendie majeur cet été dans l'immense massif des Landes de Gascogne, majoritairement planté de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, après ceux fin juillet de Biscarrosse (Landes, 3.700 hectares) et Saumos (Gironde, 42.000 hectares).
En amont d'une visite officielle pour lancer la reconstruction des zones sinistrées en Gironde, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu dimanche au Porge, une commune littorale ravagée en juillet par les flammes avec près de 200 habitations détruites, selon son entourage.
En France, 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares brûlés.
Dans les Ardennes, près de 100 hectares de forêt ont brûlé depuis samedi matin mais ce feu est désormais "circonscrit", selon la préfecture du département.
La sécheresse favorise aussi les départs de feu ailleurs en Europe, notamment en Belgique, confrontée à l'un des plus grands incendies de son histoire, avec désormais près de 3.000 hectares brûlés dans un parc naturel proche de l'Allemagne. Des feux font aussi rage en Aragon (nord-est de l'Espagne) et sur des îles grecques.
(A.Laurent--LPdF)