Philippines: un lycéen se filme tuant un camarade puis se suicide
Un élève s'est filmé en direct en train d'abattre un camarade de classe, avant de se donner la mort mardi dans un lycée catholique aux Philippines, ont indiqué les autorités.
La fusillade, la deuxième en deux mois dans un établissement scolaire philippin, s'est produite à l'université privée Ateneo de Zamboanga qui abrite aussi des élèves de l'enseignement secondaire, dans l'ouest de l'île de Mindanao.
"Ce que nous savons pour l'instant, c'est que (le tireur) est allé dans la salle de classe de la victime, que nous connaissions. Il lui a tiré dessus, puis il est monté au cinquième étage et s'est tiré une balle", a déclaré la porte-parole de la police régionale, Shella Chang, à l'AFP.
Le ministre de l'Intérieur, Victor Remulla, a confirmé dans un communiqué que le suspect, lycéen de troisième année, avait diffusé l'incident en direct sur son compte Facebook, désactivé depuis.
Les images, publiées par les médias locaux, montrent le canon d'une arme se déplaçant dans un couloir, à la manière d'un jeu vidéo, avant d'être pointée vers une salle de classe et actionnée. Des élèves en uniforme scolaire hurlent et se ruent vers une sortie.
La police, qui n'a pas fait état de blessés, cherche à "établir le motif de la fusillade, déterminer le propriétaire et la provenance de l'arme à feu utilisée, et découvrir comment elle a été introduite au sein de l'établissement scolaire", selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.
Le tireur présumé avait apporté "un pistolet et un fusil dans l'enceinte" du lycée, avait précisé un peu plus tôt la police régionale.
- "Cauchemar" pour les parents -
Le service des douanes des Philippines a ensuite indiqué, dans un communiqué, avoir ordonné la "suspension préventive" d'un agent propriétaire des armes "prétendument utilisées par l'étudiant impliqué".
Le chef adjoint du personnel des douanes, Noel Bendijo, a précisé à l'AFP que la mesure avait été prise sur la base de renseignements fournis par des agents à Zamboanga.
"Les informations dont nous disposons indiquent qu'il était le père" du présumé tireur, a-t-il déclaré. "Quant aux armes à feu effectivement utilisées et à la manière dont le gamin a pu y avoir accès, tout cela fait encore l'objet d'une enquête", a-t-il ajouté.
"Nous avons également parlé avec (lui). Il comprend, mais bien sûr, il est en deuil, car lui aussi a perdu son enfant", a ajouté M. Bendijo. "C'est un cauchemar pour n'importe quel parent."
Interrogée au sujet du communiqué des douanes, la police a seulement indiqué qu'elle poursuivait son enquête.
- "Vive inquiétude" -
En confirmant les deux morts, le père Guillrey Andal, président de l'Ateneo de Zamboanga, a déclaré que l'établissement était "profondément attristé" et coopérait à l'enquête.
"Nous travaillons avec la police afin de les identifier, pour communiquer d'abord avec leurs proches", avait-il déclaré dans un premier temps aux journalistes, reconnaissant que la fusillade avait provoqué "vive inquiétude et angoisse".
"Avant cela, notre équipe de sécurité préparait un exercice de simulation, précisément parce que nous comprenons l'importance de la sécurité pour tout le monde, nos étudiants, notre personnel", a-t-il ajouté.
En juin, trois adolescents avaient été tués et 20 autres blessés lors d'une fusillade dans une école du centre des Philippines.
A la suite de cette tragédie, de nombreux établissements d'enseignement, dont l'Ateneo de Zamboanga, ont décidé d'organiser des exercices de simulation.
La possession légale d'armes à feu est strictement encadrée dans ce pays d'Asie du Sud-Est, mais il existe un important marché noir.
(A.Laurent--LPdF)