Panne du contrôle aérien au Royaume-Uni: trafic toujours perturbé, une cyberattaque exclue
Le trafic aérien continue d'être perturbé mercredi au Royaume-Uni, provoquant retards et annulations, après la panne technique ayant affecté mardi l'organisme chargé du contrôle aérien, qui exclut l'hypothèse d'une cyberattaque et admet qu'un retour total à la normale "prendra du temps".
Selon le site de suivi du trafic aérien Flightradar24, environ 1.300 vols ont été annulés dans le pays mardi, et 177 l'ont encore été mercredi, presque tous à l'aéroport londonien d'Heathrow.
La panne, survenue mardi en début d'après-midi, a "créé des difficultés pour l'ensemble du réseau aérien, et s'en remettre prendra du temps", a écrit sur X l'organisme de contrôle aérien NATS, qui fournit ses services à 15 aéroports.
L'entreprise affirme avoir "résolu" le dysfonctionnement à l'origine des perturbations et travailler "aussi dur que possible pour résorber le retard accumulé dans les vols".
"Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'une cyberattaque", a précisé mercredi matin sur la radio BBC 4 son directeur exécutif, Martin Rolfe, promettant "une enquête très, très approfondie".
Ce dernier, qui a présenté ses excuses, a selon les médias britanniques été convoqué par la ministre des Transports Heidi Alexander qui doit intervenir dans la journée à la Chambre des communes sur un projet de loi sur l'aviation civile.
- "Cauchemar absolu" -
"Elle devrait lui demander de démissionner", a lancé sur Times Radio Neal McMahon, directeur des opérations de Ryanair, dont la compagnie a dû annuler 250 vols.
"NATS nous a dit qu'il s'agissait d'une panne du système de traitement des plans de vol, ce qui est exactement le même problème que celui survenu en 2023", a-t-il ajouté, estimant que le coût pour Ryanair allait "se chiffrer en millions".
En 2023, le Royaume-Uni avait connu sa pire panne de systèmes de contrôle aérien depuis des années. Plus de 700.000 passagers avaient été affectés par les retards ou annulations d'environ 2.000 vols en plein retour d'un long week-end.
La compagnie aérienne British Airways, qui a dit avoir été obligée de détourner plus d'une centaine de vols mardi après-midi, a prévenu que "la gravité du problème signifie qu'il y aura des répercussions importantes" faute d'avions et d'équipages disponibles.
Des dizaines de milliers de voyageurs ont été affectés, a estimé British Airways sur X, décrivant "une expérience incroyablement frustrante" pour ses clients et son personnel.
Cette soignante a dû débarquer de son vol pour l'Irlande après être restée bloquée trois heures sur le tarmac. "Traverser cet aéroport, c'était comme essayer de sortir d'Alcatraz", a-t-elle témoigné.
- Ligue des champions -
La compagnie à bas coût hongroise Wizz Air fait état de 24 vols annulés mardi et 10.000 passagers affectés par la panne.
Le club de football d'Arsenal, qui doit affronter Naples en Ligue des champions mercredi, a dû annuler une conférence de presse en raison du retard de son vol pour la ville italienne.
Liverpool, Birmingham et Edimbourg ont également été affectés, tout comme l'aéroport de Dublin, en Irlande.
"Les vols opèrent aujourd'hui, mais certaines perturbations peuvent se poursuivre le temps que les compagnies aériennes repositionnent leurs avions et leurs équipages", a expliqué mercredi sur X l'aéroport d'Heathrow, le premier d'Europe en nombre de passagers en 2025.
En juillet 2025, une autre panne avait entraîné l'annulation de nombreux vols à destination ou en provenance des aéroports britanniques et suscité la colère des dirigeants de compagnies aériennes.
NATS (National Air Traffic Services) fonctionne, depuis 2001, sous le modèle d'un partenariat public-privé. L'Etat britannique détient 49% du capital de la société, ainsi qu'une "action en or" lui permettant d'intervenir dans les décisions stratégiques, le reste étant détenu principalement par un consortium de compagnies aériennes.
(V.Blanchet--LPdF)