Un Américain salué pour son "héroïsme" après une tuerie scolaire qui relance le débat sur les armes à feu
L'homme qui a abattu l'adolescent auteur d'une nouvelle tuerie scolaire aux États-Unis était salué vendredi pour son "héroïsme", mais cette nouvelle tragédie relance l'éternel débat sur le port d'armes dans le pays.
Identifié comme Griffin John, âgé de 16 ans, il est présumé avoir tué jeudi avec un fusil à pompe trois enfants de 5, 8 et 11 ans, dans une classe d'éducation spécialisée, en plus d'une enseignante de 25 ans, Megan Lambert.
Lui-même n'était plus scolarisé dans le système éducatif local, mais avait été "un élève nécessitant une prise en charge spéciale dans cette école", a déclaré lors d'une conférence de presse Steven Cook, responsable des autorités scolaires de Bend.
Le chef de la police de Bend, Mike Krantz, a rendu hommage à l'homme de 36 ans qui s'est précipité dans l'école pour abattre le tueur avec son pistolet, ainsi qu'au "véritable héroïsme" d'une enseignante qui a "jeté son téléphone portable sur le suspect et a lutté avec lui pour lui prendre son arme".
"Elle n'a pas été blessée mais a très certainement contribué à empêcher une plus grande effusion de sang", a souligné le chef de la police, rendant également hommage à "la présence d'esprit" de cet homme de 36 ans qui "a incontestablement sauvé des gens".
Ce dernier n'a pas été cité nommément, par les autorités, faute de leur en avoir donné la permission, mais a été identifié par son frère comme Kaylub Giamanco.
- "Tout est vide" -
L'auteur de la tuerie a également grièvement blessé une fillette de 7 ans et une enseignante de 54 ans, dont les jours n'étaient pas en danger.
"C'est une situation terrible, mais heureusement il y avait un homme qui avait une arme et savait s'en servir", a déclaré le président Donald Trump, dont l'administration se pose en garante du Deuxième amendement de la Constitution américaine garantissant le droit au port d'armes.
Kaylub Giamanco, dont deux enfants sont scolarisés dans l'établissement, rentrait chez lui pour sa pause déjeuner lorsqu'il a aperçu le tireur, a raconté son frère, Kyle, à la chaîne NBC.
Vendredi, la ville de Bend était toujours sous le choc du drame.
"Mon petit-fils devrait être en classe, avec tous ses amis", a déclaré à l'AFP Kristen Vanetsky, 52 ans.
"Tout le monde devrait être là, en train d'apprendre, de s'amuser et d'attendre le week-end avec impatience. Mais tout est vide. Il n'y a rien. Même les oiseaux ne sont pas là", a-t-elle ajouté.
- Port d'arme dissimulée -
L'intervention de Kaylub Giamanco, qui selon son frère possède un permis de port d'arme dissimulée, a ravivé le débat récurrent sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis.
"Lorsque l'attaque a commencé, c'est un habitant qui est intervenu avec une arme à feu pour arrêter le tireur avant qu'il ne puisse faire plus de mal", a souligné le puissant lobby américain des armes, la NRA, se disant confortée par cet événement dans son soutien au port d'armes.
"La NRA veut que vous vous focalisiez sur comment cela s'est arrêté, mais il vaudrait mieux se concentrer sur comment cela a commencé : un système qui a permis qu'une arme à feu tombe entre les mains d'une personne de 16 ans", a de son côté réagi sur X le mouvement March For Our Lives, lancé après une tuerie dans un lycée de Floride (sud-est) en 2018.
La violence par arme à feu fait partie du quotidien aux États-Unis, qui comptent plus d'armes à feu en circulation que d'habitants.
La Cour suprême américaine, majoritairement conservatrice, débattra en décembre des droits des États et des autorités locales à interdire, en raison de leur dangerosité, la détention de certains fusils semi-automatiques de type AR-15, parmi les armes les plus populaires dans le pays.
(O.Agard--LPdF)