L'Arcom épingle France TV et Radio France pour des "allégations" sur le maire de New York et le 7-Octobre
L'Arcom a adressé une "mise en demeure" à France Télévisions et Radio France en raison d'"allégations" formulées à l'antenne par une journaliste qui avait notamment accusé le maire de New York de ne pas avoir condamné le 7-Octobre, selon une décision publiée vendredi.
Les propos litigieux avaient été tenus dans l'émission "Questions politiques" diffusée le 9 novembre 2025 sur franceinfo TV et France Inter, pendant laquelle Alix Bouilhaguet avait interrogé le chef de file de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, sur le soutien de son parti au maire de New York Zohran Mamdani, tout juste élu.
La journaliste avait accusé l'édile démocrate d'avoir appelé à "mondialiser l'Intifada", de "botter en touche" sur la condamnation du 7-Octobre ou de lever des fonds pour l'agence onusienne Unrwa qui serait "accusée de collusion avec le Hamas".
Manuel Bompard avait contesté chacune de ces affirmations, reprochant à la journaliste de "désinformer" le public.
Saisie, l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel, a conclu que les propos de la journaliste étaient inexacts en relevant notamment que M. Mamdani "s'était exprimé à plusieurs reprises dans le sens d'une condamnation des crimes perpétrés en Israël par le Hamas".
Dans sa décision d'avril publiée vendredi, l'autorité a également rappelé que l'Unrwa avait été blanchie dès janvier 2024 des accusations de "collusion généralisée" avec le Hamas.
L'Arcom a également critiqué les éditeurs -- Radio France et France Télévisions -- pour avoir tardivement et insuffisamment corrigé les propos de la journaliste.
"Si les propos ont été contredits par l'invité durant la séquence, ils n'ont été précisés et corrigés par l'éditeur qu'à compter du 11 novembre 2025, soit deux jours après l'émission, sur le site internet de Radio France (...) et seulement le 16 novembre 2025 à l'antenne", écrit l'instance.
Or, selon l'Arcom, "les allégations en cause auraient dû, au vu de la gravité et de la sensibilité du sujet, d'une part être immédiatement complétées voire corrigées par l'éditeur et, d'autre part, faire l'objet par la suite d'une réaction à l'antenne plus marquée".
Cette séquence caractérise donc un "manquement" aux obligations "d'honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information", estime l'Arcom dans sa décision.
Les mises en demeure de l'Arcom constituent le dernier stade avant des sanctions, qui peuvent notamment être pécuniaires.
(V.Blanchet--LPdF)