Le Pays De France - Verdict attendu après l'attentat déjoué contre un concert de Taylor Swift à Vienne

Paris -
Verdict attendu après l'attentat déjoué contre un concert de Taylor Swift à Vienne

Verdict attendu après l'attentat déjoué contre un concert de Taylor Swift à Vienne

Un tribunal près de Vienne doit rendre son verdict jeudi en fin de journée à l'encontre d'un Autrichien de 21 ans accusé d'avoir préparé un attentat islamiste contre un concert de Taylor Swift à l'été 2024.

Taille du texte:

Jugé depuis le mois dernier dans la ville de Wiener Neustadt, Beran A. est accusé par le parquet d'avoir formé avec un jeune homme de son âge comparaissant à ses côtés, Arda K., et un troisième Autrichien, Hasan E., détenu en Arabie saoudite, une cellule terroriste pour commettre des attaques.

Les prévenus ont été conduits au tribunal par des policiers masqués et durant cette dernière audience, ils sont restés le plus souvent assis, la tête baissée. Deux experts ont témoigné n'avoir constaté aucun signe de grave maladie psychologique chez Beran A.

Il avait été arrêté la veille du spectacle de la star à la suite d'informations des services américains du renseignement et il est depuis maintenu en détention.

Les trois concerts à guichet fermé en août 2024 de Taylor Swift dans la capitale autrichienne, où étaient attendus plus de 170.000 spectateurs, avaient été annulés par sécurité.

Le suspect a plaidé coupable d'avoir pris pour cible le stade dans lequel l'artiste devait se produire et il encourt jusqu'à dix ans de prison.

Il a raconté comment il avait obtenu des instructions du groupe Etat islamique (EI), dont il était membre depuis 2023, et tenté en vain de fabriquer une bombe à fragmentation caractéristique des attaques de l'EI, d'après le parquet.

- "Peur de mourir" -

Beran A. a déclaré au tribunal s'être aussi rendu à Dubaï et avoir acheté deux couteaux dans le but de s'en prendre à des membres des forces de l'ordre en mars 2024.

Mais au moment de passer à l'acte, il a soudain été pris de "panique" et a abandonné, avec un sentiment d'échec, a-t-il confié.

Selon le parquet, il a également sollicité des conseils sur le choix des armes dans plusieurs groupes de discussion et auprès d'un haut responsable de l'EI, dont il diffusait la propagande sur une messagerie.

Le jeune homme s'est dit convaincu qu'il "devait mener le jihad" mais il "avait peur de mourir".

"J'avais besoin d'être encouragé. J'aimais bien attirer l'attention", a-t-il expliqué pendant le procès.

Selon l'acte d'accusation, lui, Arda K. et Hasan E. avaient échafaudé un plan pour tuer des membres des forces de l'ordre à la Mecque en mars 2024, ainsi qu'à Istanbul et à Dubaï.

Tandis que Beran A. et Arda K. sont rentrés sans être passés à l'acte, Hasan E. a planté un couteau dans le cou d'un agent de sécurité devant la mosquée al-Haram à La Mecque et blessé quatre autres personnes avant d'être maîtrisé.

Depuis, Hasan E. attend dans une prison d'Arabie saoudite l'issue de la procédure pénale engagée contre lui.

- Complicité de tentative de meurtre -

En Autriche, il est reproché à Beran A. et à Arda K. d'avoir conforté Hasan E. dans ses intentions en maintenant un contact avec lui jusqu'à la veille de cette attaque.

Poursuivis pour complicité de tentative de meurtre, ils ont contesté une action commune et coordonnée. Arda K. a reconnu s'être rendu à Istanbul pour y commettre un attentat en mars 2024, sans avoir mis son projet à exécution.

Le jury autrichien devrait rendre son verdict tard jeudi après les déclarations de deux experts et les plaidoiries finales, a dit à l'AFP l'avocate de Beran A., Anna Mair.

S'il est reconnu coupable également de la charge de complicité concernant la seconde affaire en Arabie saoudite, son client risque dix ans de prison supplémentaires, selon elle.

Un adolescent syrien a déjà été condamné en Allemagne à 18 mois de prison avec sursis pour sa contribution au projet d'attentat contre le concert de Taylor Swift.

La star avait écrit sur les réseaux sociaux que "la raison des annulations" de ses spectacles en Autriche l'avait "remplie d'un sentiment nouveau de peur".

(V.Blanchet--LPdF)