Merz insiste sur l'autonomie européenne vis-à-vis des Etats-Unis
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a insisté lundi sur la nécessité d'une autonomie renforcée, dans les secteurs stratégiques, de l'Union européenne par rapport aux Etats‑Unis.
"Nous devons devenir plus souverains et plus indépendants, notamment sur le plan technologique. Et oui, cela vaut aussi vis-à-vis des Etats-Unis d'Amérique", a déclaré Friedrich Merz lors de la réception annuelle de l'opérateur boursier Deutsche Börse à Eschborn, près de Francfort (ouest).
Car "il faut reconnaître que les relations transatlantiques ont changé", une évolution qu'il accueille avec "regrets", "mais la nostalgie et le souvenir des temps passés ne nous aident pas", a-t-il souligné.
Ces propos interviennent après le récent bras de fer avec les Etats-Unis autour du Groenland, qui a représenté "un appel au réveil stratégique" de l'Europe, selon le président français, Emmanuel Macron.
Au cours des dernières décennies, "nous avons gaspillé un potentiel de croissance énorme en Europe, par des réformes tardives, des restrictions inutiles à l'initiative des entreprises et une sur‑réglementation", a poursuivi M. Merz.
Selon le dirigeant conservateur, les Européens ne sont "plus aussi forts économiquement qu'ils pourraient l'être".
M. Merz a aussi souligné les opportunités existantes: "Tout autour de nous, il y a des Etats émergents, majoritairement démocratiques, aux marchés en expansion, qui recherchent explicitement ce que nous, Européens, avons à offrir".
En allusion au traité avec le Mercosur, dont l'adoption en Europe est retardée, il a plaidé pour des "partenariats fondés sur la considération mutuelle, le respect réciproque et le respect de règles et de la fiabilité".
M. Merz voit l'Allemagne en position de "devenir le centre d'un réseau dynamique et agile d'Etats souverains qui continuent de miser, pour le bien de tous, sur le multilatéralisme et le libre-échange".
Il a aussi souligné qu'à son initiative, le Conseil européen se réunirait la semaine prochaine pour "un sommet extraordinaire, ou plutôt une réunion informelle" où "nous voulons discuter ensemble de nouvelles mesures pour renforcer la compétitivité européenne".
(V.Blanchet--LPdF)