Moyen-Orient: les Bourses tentent un rebond après deux séances dans le rouge, accalmie sur le gaz et le pétrole
Les Bourses mondiales amorcent un rebond mercredi sur fond d'accalmie des prix de l'énergie, qui apaise momentanément les craintes inflationnistes, mais elles restent attentives sur l'évolution de la guerre au Moyen-Orient.
"Les investisseurs fondent beaucoup d'espoirs sur les informations faisant état d'une possible volonté de l'Iran d'entrer en négociation avec les États-Unis", observe Andreas Lipkow pour CMC Markets.
"Un article du New York Times (rapporte) que l'Iran aurait indirectement approché la CIA au sujet de potentielles conditions pour mettre fin à la guerre", commente Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.
De quoi permettre aux marchés d'actions de se redresser.
Pour Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM, il s'agit là d'un "rebond technique" car les investisseurs considèrent désormais que "le conflit a assez peu de chances d'avoir des conséquences durables".
Reste "qu'il est difficile d'envisager une véritable reprise tant que les combats se poursuivent", tempère Neil Wilson, de Saxo Markets.
Vers 17H00 GMT, à Wall Street, le Dow Jones prenait 0,66%, l'indice Nasdaq progressait de 1,39% et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,86%.
En Europe, la Bourse de Paris a ainsi gagné 0,79%, Francfort 1,74%, Londres 0,80% et Milan 1,95%. Madrid a grimpé de 2,49%.
L'Europe profite de la baisse des prix du gaz naturel européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence européenne, s'affichant en baisse de 8,80% à 49,51 euros le megawattheure. Le gaz, que le continent importe massivement, flambe encore toutefois de 55% environ sur la semaine.
Emportés par l'envolée des prix de l'énergie, les indices du Vieux Continent ont connu un début de semaine chaotique, mardi marquant même la pire séance de plusieurs places européennes depuis avril 2025, quand Donald Trump avait instauré des droits de douane massifs.
Sur les séances de lundi et mardi, le CAC 40 a perdu plus de 5%, le Dax près de 6% et le FTSE 100 de Londres près de 4%.
- Le pétrole navigue au gré de l'actualité -
Les gros titres ont alimenté une baisse du prix du pétrole, avec des espoirs "élevés que le conflit au Moyen-Orient puisse être de courte durée" après l'article du New York Times, estime Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
"Le marché a également réagi positivement à la perspective d'une reprise prochaine du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz", passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, note Andreas Lipkow.
Le trafic dans le détroit a chuté de 90% selon les données de Kpler et reste ainsi un enjeu prioritaire.
Donald Trump a assuré que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux revendiqué mercredi le contrôle "total" du passage.
Le baril de Brent de la mer du Nord cédait 0,39% à 81,08 dollars. Le baril WTI nord-américain perdait quant à lui 0,60% à 74,11 dollars vers 17H00 GMT.
"Sur le papier, tout cela paraît rassurant. Pourtant, dans les faits, le conflit se poursuit et aucun signe concret de désescalade n'est encore visible", souligne cependant Fawad Razaqzada.
Une nouvelle hausse brutale des prix des hydrocarbures inquiète toujours les investisseurs. Le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.
"Les marchés, à juste titre, attendent plus que de simples déclarations avant de réduire la prime de risque intégrée aux prix de l'énergie", affirme M. Razaqzada.
Mercredi, au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël a lancé de nouvelles frappes sur l'Iran et le Liban, avec de fortes explosions entendues à Beyrouth.
Téhéran continue en représailles de lancer des missiles contre des cibles américaines et israéliennes dans la région.
(A.Renaud--LPdF)