Marchés: les Bourses européennes misent sur une réouverture du détroit
Bourse en forme, pétrole en baisse, détente sur les taux d'intérêts: le nouvel espoir d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran a enclenché un cercle vertueux lundi sur les marchés.
En ce jour férié dans de nombreux pays européens, les investisseurs ont voulu croire aux gros titres indiquant qu'un accord était proche, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite habituellement 20% de l'offre de pétrole mondiale.
La Bourse de Francfort a progressé de plus de 2% (2,01%), avec un engouement des investisseurs pour le fabricant de moteurs MTU Aero Engines (+6,11% à 314,1 euros).
A Paris, l'indice du CAC 40 a progressé de 1,76% avec des performances du groupe industriel et technologique Safran (+5,79%). Milan a également progressé (+1,43%).
Londres était fermée, de même que New York, où les contrats à terme suivaient les mêmes tendances haussières (+1,26% pour le Nasdaq des valeurs technologiques, qui se prépare à la méga-introduction en Bourse de Space X en juin).
"Le marché fait preuve d'un optimisme assez fort" et mise sur "une résolution diplomatique du conflit", résume Andrea Tueni, pour la plate-forme d'investissement en ligne Saxo.
"Tout le monde est en train de +pricer+ (d'anticiper) un accord imminent. C'est le moteur de la séance avec pétrole en dessous des 100 dollars", ajoute-t-il, joint par l'AFP.
- Chute des prix du pétrole -
Donald Trump a appelé lundi l'Arabie saoudite et le Qatar à normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d'un accord de paix sur l'Iran, injectant une nouvelle dose d'incertitude dans des négociations déjà ardues.
Plus tôt, Téhéran avait fait état de progrès dans les discussions avec les Etats-Unis mais écarté la perspective d'un accord imminent.
Les acteurs qui interviennent sur le marché du pétrole voulaient croire à un accord, qui permettrait d'envisager le retour à la normale dans le détroit d'Ormuz, goulot d'étranglement du transport d'hydrocarbures.
Vers 16H15 GMT, le baril de Brent était largement repassé sous le seuil des 100 dollars, à 97,90 dollars le baril (-5,45%). Le WTI américain s'échangeait à 91,35 le baril, également en forte baisse (-5,43%).
Les investisseurs observent "enfin les nuages de guerre commencer à se dissiper au-dessus du détroit d'Ormuz", souligne Stephen Innes, gérant de SPI AM.
"Les marchés commencent à intégrer l'idée que l'une des artères énergétiques les plus critiques du monde pourrait finalement éviter une perturbation prolongée."
- Taux et dollars reculent de concert -
Quasi mécaniquement, la baisse du pétrole s'est accompagnée d'un repli des taux d'intérêt sur le marché obligataire.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans ("Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, est redescendu à 2,94%, contre près de 3,04% vendredi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'est établi à 3,55% contre 3,66% vendredi soir.
Les taux ont tendance à monter avec la hausse du pétrole et les risques d'inflation. En effet, l'inflation réduit la valeur réelle des capitaux prêtés, et les créanciers compensent avec des taux élevés.
L'analyste Stephen Innes note un "changement psychologique": "les investisseurs se retrouvent soudain face à la possibilité que la prime de risque géopolitique qui avait poussé le pétrole, les rendements et le dollar à la hausse puisse commencer à se résorber", ajoute-t-il.
Sur le marché des changes, le billet vert cédait 0,33% face à la monnaie unique, à 1,1641 dollar pour un euro.
(H.Leroy--LPdF)