Le Pays De France - Indemnisation du chômage, arrêts de travail, pacte Dutreil: le message d'Édouard Philippe aux entrepreneurs

Paris -
Indemnisation du chômage, arrêts de travail, pacte Dutreil: le message d'Édouard Philippe aux entrepreneurs
Indemnisation du chômage, arrêts de travail, pacte Dutreil: le message d'Édouard Philippe aux entrepreneurs / Photo: © AFP

Indemnisation du chômage, arrêts de travail, pacte Dutreil: le message d'Édouard Philippe aux entrepreneurs

Édouard Philippe entend abaisser à 12 mois la durée d'indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans, "mettre fin à l'open bar" des arrêts de travail et "défendre" le pacte Dutreil pour la transmission des entreprises familiales, a-t-il expliqué à l'AFP avant de débattre au Medef jeudi.

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"Sur l'assurance chômage, ma direction c'est de faire comme l'Allemagne. Douze mois d'indemnisation maximum pour les moins de 50 ans", a déclaré l'ancien Premier ministre.

La durée maximale d'indemnisation est actuellement de 18 mois pour les moins de 55 ans, depuis une réforme intervenue en 2023 qui avait déjà réduit de six mois l'ouverture des droits alors possible jusqu'à 24 mois.

Cette durée sera portée à 15 mois en cas de rupture conventionnelle à partir du 1er septembre 2026, selon une nouvelle réforme.

Le candidat à l'élection présidentielle, qui interviendra aux côtés de six concurrents jeudi lors de l'Université de rentrée du Medef, entend par ailleurs "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail".

"L'évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c'est, en valeur, une augmentation de presque 40% entre 2019 et 2025". "Une dérive préoccupante", "pas simplement pour les comptes - ça l'est, de l'ordre de 17 milliards d'euros (annuels) -" mais aussi "pour l'activité des entreprises et des administrations" et "pour l'ambiance au travail", a jugé M. Philippe.

"En Espagne, on indemnise mieux les congés longs. En revanche on est plus dur avec les congés courts. On peut s'inspirer de cette logique et par exemple renforcer les journées de carence d'ordre public": "le premier jour, les deux premiers jours ne seront pas indemnisés lorsque c'est un arrêt ponctuel", a-t-il prôné.

"Il faut lutter contre le phénomène de chantage à l'arrêt maladie en créant une période incompressible", de "trois, cinq ou six mois", "entre l'arrêt maladie et la rupture conventionnelle", a par ailleurs préconisé M. Philippe.

Autre message aux entreprises: "il faut arrêter à intervalles réguliers de remettre en cause l'existence du pacte Dutreil" pour la transmission des entreprises familiales.

Ce dispositif "a un immense mérite: l'ensemble des entreprises qui ont un capital familial savent que tant qu'il existe, il n'y a pas trop à se poser de questions sur la façon dont on va pouvoir passer l'entreprise à la génération d'après", a-t-il argumenté, jugeant "extrêmement important d'envoyer ce signal aux entrepreneurs à la veille d'un immense mouvement de transmission à l'échelle du pays".

- "Désaccord frontal" avec Mélenchon -

Le président d'Horizons s'est en outre dit "en désaccord frontal" avec les propositions de Jean-Luc Mélenchon de taxer l'intégralité des héritages au delà d'un seuil de 12 millions d'euros ou encore de la leader de la CFDT Marylise Léon de taxer les successions "au premier euro".

"Je pense au contraire qu'il faut permettre la transmission du patrimoine beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt pour aider la jeunesse" et "augmenter massivement la capacité d'effectuer, du vivant des personnes, les donations aux enfants, aux petits-enfants et peut-être même plus largement qu'aux petits-enfants", a dit M. Philippe, qui proposera "une augmentation très sensible des plafonds pendant les trois premières années du quinquennat".

"Si nous voulons être un pays prospère, il faut aller dans trois directions: remettre de l'ordre dans nos comptes, laisser les entreprises créer de la richesse, moderniser et développer les infrastructures de ce pays", a résumé M. Philippe.

"On doit faire une réforme des retraites qui prenne en compte toutes les différences dans les métiers, qui doit être parfaitement soucieuse de la justice entre les individus, mais qui accepte l'idée que tout le monde doit travailler un peu plus longtemps", a-t-il réaffirmé.

Il a jugé "indispensable de renouer avec une vraie politique de l'offre, mise en place par François Hollande et accélérée quand j'étais Premier ministre avec Emmanuel Macron", rappelant sa proposition de supprimer 50 milliards d'impôts de production contre une baisse équivalentes d'aides aux entreprises.

Sur les infrastructures, il entend lancer "un grand plan fret-ferroviaire", "indispensable pour notre compétitivité par rapport aux autres pays européens" et qui va "réduire très très considérablement les émissions de CO2". Et juge "indispensable de développer le stockage de l'eau, sans aller puiser de façon inconsidérée dans les nappes".

"La prospérité d'un pays, ce n'est pas simplement l'orthodoxie financière et budgétaire et des entreprises qui vont bien, mais c'est aussi une direction qu'on donne et des infrastructures qui ne peuvent pas être décidées par des entreprises privées et qui sont essentielles au développement économique de la nation"

Les déclarations de M. Mélenchon sur l'annulation de la dette, "c'est l'assurance de la destruction du crédit de la France", a par ailleurs fustigé le président d'Horizons. "J'oserais même dire qu'avec ce genre de propositions, le sang et les larmes, c'est lui".

(Y.Rousseau--LPdF)