Le Pays De France - Avec le rachat de la Plenitude Arena, Live Nation s'offre la plus grande salle d'Europe

Paris -
Avec le rachat de la Plenitude Arena, Live Nation s'offre la plus grande salle d'Europe
Avec le rachat de la Plenitude Arena, Live Nation s'offre la plus grande salle d'Europe / Photo: © AFP/Archives

Avec le rachat de la Plenitude Arena, Live Nation s'offre la plus grande salle d'Europe

Un mastodonte aux manettes de la plus grande salle d'Europe : le géant américain Live Nation a officialisé mercredi le rachat de la Plenitude Arena, où se produit actuellement Céline Dion, près de Paris.

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Avec cette adresse dans son escarcelle, sa première acquisition en France, Live Nation se rend encore plus incontournable dans l'industrie, entre la billetterie - via sa filiale Ticketmaster - et la production des concerts de stars internationales comme David Guetta, Aya Nakamura, The Weeknd, Oasis...

Le groupe organise aussi le Main Square Festival à Arras.

L'annonce initiale de ce projet d'acquisition début janvier avait pris le secteur de vitesse. Neuf mois plus tard, Live Nation a pu finaliser l'accord conclu avec Ovalto, holding de l'homme d'affaires Jacky Lorenzetti, pour un montant confidentiel.

Entre-temps, Paris La Défense Arena a été rebaptisée Plenitude Arena début juillet, après un nouveau partenariat avec le groupe italien de l'énergie Eni.

En coulisses, le dossier a été scruté par l'Autorité de la concurrence, une procédure classique visant à prévenir un risque de position dominante ou de monopole d'un acteur économique.

Ce phénomène de concentration est dénoncé par certaines organisations professionnelles des musiques actuelles, qui pointent l'appétit grandissant d'opérateurs privés, aiguisés par des recettes de billetterie battant chaque année des records. Elles ont atteint 1,6 milliard d'euros en 2024, selon les données du Centre national de la musique.

L'Autorité de la concurrence a précisé avoir entendu "les parties et divers tiers" sur "l'impact de l'opération en particulier quant au renforcement du pouvoir de marché de Live Nation en France ou à un potentiel verrouillage de l'accès à la salle du fait de l'opération".

Mais cet examen a été stoppé net en raison d'un changement de législation survenu début septembre: son aval n'étant plus nécessaire pour conclure cette opération, Live Nation a eu les coudées franches pour finaliser cette acquisition.

"Les services d'instruction n'ont pas écarté tout risque d'atteinte à la concurrence", a cependant souligné mercredi matin l'organisme administratif dans un communiqué.

Live Nation a de son côté assuré que la Plenitude Arena continuerait à "accueillir l’ensemble des organisateurs et producteurs d'événements".

- "Potentiel" -

Pour l'enceinte située à Nanterre (Hauts-de-Seine), initialement conçue comme résidence du Racing 92, club du Top 14 également propriété de M. Lorenzetti, une nouvelle page s'ouvre.

Dans un communiqué, Live Nation a expliqué vouloir "développer le potentiel de la salle".

Ces investissements doivent "améliorer l'accueil du public et des artistes, moderniser les équipements de la salle, augmenter le nombre de dates disponibles et renforcer l'attractivité auprès des artistes et organisateurs d'événements français et internationaux", a-t-elle déclaré.

Avec sa jauge maximale de 45.000 places et sa localisation à la lisière de Paris, la Plenitude Arena attire des stars internationales depuis son inauguration, en 2017.

Les Rolling Stones, Taylor Swift, Linkin Park, Kendrick Lamar ou encore Bad Bunny s'y sont produits. Jusqu'à mi-octobre, Céline Dion y donne trois concerts par semaine, un retour sur scène à l'écho mondial.

Certains billets pour ces shows atteignent toutefois des prix jugés prohibitifs par de nombreux amateurs de concert.

L'exploitation de la salle doit aussi prendre en compte "l'ancrage local au travers de l'inclusion, l'éducation et l'accès à la culture pour tout le monde", avait dessiné auprès de l'AFP, en janvier, Angelo Gopee, directeur général de Live Nation France.

Jusqu'ici, le géant des spectacles produisait des artistes dans divers lieux dont le Stade de France, piloté par le groupe français GL Events, ou l'Accor Arena, en partie détenue par AEG, autre groupe américain et principal concurrent (par ailleurs producteur de Céline Dion).

Son activité sera d'autant plus observée qu'aux Etats-Unis, le groupe a été reconnu responsable, mi-avril, de monopole illégal par le jury d'un tribunal fédéral de Manhattan. Le juge chargé de l'affaire doit maintenant déterminer les mesures à prendre pour faire cesser cette situation, ainsi que d'éventuelles pénalités financières.

(F.Moulin--LPdF)