Le Pays De France - Budget: Lescure "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances, "glissière de sécurité"

Paris -
Budget: Lescure "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances, "glissière de sécurité"
Budget: Lescure "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances, "glissière de sécurité" / Photo: © AFP/Archives

Budget: Lescure "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances, "glissière de sécurité"

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a assuré dimanche qu'il "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances budgétaires en cas d'impasse au Parlement sur le projet de loi de finances 2027, comparant la manoeuvre, inédite sour la Ve République, à "une glissière de sécurité".

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Interrogé sur France 2 et France Inter, le ministre a défendu la nécessité de doter la France d'un "budget à 5% (de déficit, NDLR) quoi qu'il en coûte", à l'heure où la dette française inquiète les marchés internationaux.

En l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu pourrait devoir passer par l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet une adoption du texte sans vote.

Mais cette voie implique que le PS ou le RN s'abstiennent de le censurer.

Le gouvernement pourrait donc aussi recourir aux ordonnances pour faire passer son budget initial, sans aucun vote, une première sous la Ve République.

"Je préférais qu'on les évite, parce que ça veut dire qu'on n'a pas vraiment capacité à tenir compte du débat parlementaire", a déclaré M. Lescure au sujet des ordonnances, "glissière de sécurité de l'autoroute budgétaire".

Vendredi, en commission, les députés ont rejeté à la quasi-unanimité la partie "recettes" du budget, sans conséquence immédiate puisque le texte retourne mardi dans l'hémicycle dans la version initiale du gouvernement.

"Une fois amendé par la commission", le budget "dépassait de plus de huit milliards (d'euros, NDLR) le déficit", a déploré M. Lescure, comme l'a fait plus tôt dimanche le ministre des Comptes publics, David Amiel, dans Le Grand Jury RTL/M6/Public Sénat/Ouest France.

M. Lescure a également été interrogé sur le délai de carence d'un an visant les étrangers non européens pour le versement de certaines allocations, vu comme un geste à destination du RN.

"Cette mesure" est "issue de conversations qu'on a eues avec la droite républicaine et absolument pas avec le Rassemblement national", a assuré M. Lescure. "Ce n'est pas celle avec laquelle je suis le plus à l'aise", a concédé le ministre. Elle fait partie "d'un budget avec lequel je suis non seulement 100% à l'aise, mais que je vais défendre".

"Il faut reconnaître, et je pense que ce sera le cas d'ailleurs après 2027, qu'on est dans une France aujourd'hui extrêmement fragmentée, et que si on veut la faire avancer, il va falloir faire preuve d'esprit de coalition", a-t-il estimé.

(A.Laurent--LPdF)