Des centaines d'opposants à l'A69 dans le Tarn, trois semaines avant son ouverture annoncée
Au moins un millier d'opposants à l'autoroute A69 ont rallié samedi les abords du tracé, dans le Tarn, pour manifester une nouvelle fois contre cette infrastructure au coeur d'une intense contestation depuis trois ans et qui doit ouvrir dans trois semaines.
Les militants se sont retrouvés sur un terrain agricole de Cambounet-sur-le-Sor (Tarn) à un peu plus d'un kilomètre du tracé de l'autoroute qui reliera Castres à Toulouse, a constaté un journaliste de l'AFP.
Il s'agit de "montrer que ce genre de projet ne va pas de soi et qu'on sera là jusqu'à la dernière goutte de bitume qui sera versée", a expliqué une des organisatrices, masquée, se présentant sous le nom de "Lucie", lors d'un point-presse à l'entrée du campement.
Avec ce projet, "on s'est fait rouler dessus et on est là pour le dire", affirmait à ses côtés un jeune homme, également masqué et souhaitant garder l'anonymat.
Le concessionnaire de l'autoroute, Atosca, a annoncé vendredi soir qu'elle devait être mise en service au cours de "la première semaine de novembre".
Le campement des opposants est installé depuis jeudi après-midi. Les anti-A69 continuaient d'arriver samedi en début d'après-midi, garant voitures individuelles et camions aménagés sur un parking qui comptait alors plusieurs centaines de véhicules.
- "ZAD partout" -
"A 12H00, on recensait près de 1.000 personnes", a indiqué la préfecture du Tarn dans un communiqué.
Vendredi, le préfet Simon Bertoux avait indiqué que "les manifestants déclar(aient) vouloir accueillir à peu près 1.000 à 1.500 participants", estimant cet ordre de grandeur "plausible".
Un grand chapiteau bleu trône au milieu d'un campement de tentes et de stands. A son sommet, une banderole proclame "Brûle NGE (maison mère du concessionnaire Atosca, NDLR), ni A69, ni LGV, ZAD partout".
Entre installation et déjeuner, les manifestants préparaient des banderoles ou échangeaient autour des stands affichant la contestation de plusieurs grands projets d'infrastructure, comme la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse, ou l'A412, projet autoroutier en Haute-Savoie.
Depuis le début des travaux au printemps 2023, il y a eu contre le chantier d'autoroute A69 "une alchimie des luttes et on veut surtout que ça serve d'exemple pour la suite", a souligné "Lucie", dénonçant un projet "écocide" autant qu'une "aberration économique et sociale", en raison du coût du péage jugé exorbitant.
Selon les opposants, le prix d'un aller-retour sur l'autoroute de 53 kilomètres avoisinerait les 20 euros par véhicule.
- Appel au boycott -
"Il reste du combat à mener, nous on appelle au boycott de cette autoroute et de toute façon, cela se fera naturellement, vu le prix du péage", a dit à l'AFP le militant écologiste Thomas Brail, porte-parole du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA).
Les anti-A69 prévoyaient de manifester à partir de 14H00. Une tribune de fortune, installée sur une remorque agricole, a été installée pour des prises de parole avant la manifestation.
"Notre parcours a été un peu modifié, mais nous, ce qu'on voulait, c'était marcher près de cette autoroute, donc on ira près de cette autoroute dans la mesure où les forces de l'ordre nous laisseront y aller", a indiqué un troisième organisateur.
"Dans la continuité du dialogue entrepris depuis plusieurs jours, entre les organisateurs et la préfecture, un accord a été trouvé sur le tracé prévu pour la manifestation qui se déroulera entre 14H00 et 18H00", a précisé la préfecture.
(C.Fournier--LPdF)