La Colombie extrade un criminel vers les Etats-Unis peu avant une rencontre Petro-Trump
Le président colombien, Gustavo Petro, a extradé mardi à l'aube un baron de la drogue vers les Etats-Unis, quelques heures avant sa rencontre prévue à la Maison Blanche avec son homologue américain Donald Trump.
Sous la pression de Washington, le président de gauche a repris les extraditions de chefs criminels, suspendues pendant des mois sur fond de négociations de paix - infructueuses - avec les groupes armés colombiens.
Gustavo Petro "a donné des instructions très claires ce week-end pour que le criminel" connu sous le surnom de Pipe Tulua "soit extradé de Colombie vers les Etats-Unis dans les plus brefs délais", a déclaré lundi le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, qui accompagne le chef de l'Etat à Washington dans le cadre de la première rencontre en tête-à-tête entre des deux dirigeants.
Le narcotrafiquant portait un casque et un gilet pare-balles lorsqu'il a été mis dans un jet en partance pour les Etats-Unis, depuis une base militaire de l'aéroport de Bogota, selon des photos diffusées par la police.
Près de 70 agents ont été mobilisés pour son transfert, a indiqué le colonel de police Elver Sanabria.
Les Etats-Unis avaient critiqué la suspension des extraditions, intervenue au plus bas des relations Trump-Petro.
Après avoir échangé moult invectives par réseaux sociaux interposés, les deux dirigeants ont arrondi les angles lors d'une conversation téléphonique le 7 janvier. Ils doivent se rencontrer mardi à partir de 11H00 locales (16H00 GMT) à la Maison Blanche pour tenter d'amorcer un dialogue.
Cette rencontre a lieu peu après que le président américain, qui considère ouvertement l'Amérique latine comme sa chasse gardée, a mis de facto sous tutelle le Venezuela, pays voisin de la Colombie.
L'extradition de Pipe Tulua, chef du cartel de drogue La Inmaculada et recherché par la justice américaine, est le dernier geste en date d'apaisement de Bogota envers Washington.
Le gouvernement Petro avait annoncé quelques jours plus tôt la reprise des vols d'expulsion de migrants depuis les Etats-Unis à bord d'appareils colombiens, après huit mois de suspension.
(F.Bonnet--LPdF)