Le Pays De France - Retrait annoncé de 5.000 soldats américains d'Allemagne, l'Otan cherche à "mieux comprendre"

Paris -
Retrait annoncé de 5.000 soldats américains d'Allemagne, l'Otan cherche à "mieux comprendre"

Retrait annoncé de 5.000 soldats américains d'Allemagne, l'Otan cherche à "mieux comprendre"

L'Otan cherche samedi à "mieux comprendre" la décision de Washington de retirer quelque 5.000 soldats américains d'Allemagne d'ici un an annoncée la veille, qui suscite une vive inquiétude jusque dans les rangs des élus républicains.

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L'Otan "travaille" avec les Etats-Unis pour "mieux comprendre" l'annonce du Pentagone, a déclaré une porte parole de l'alliance.

Washington prévoit de réduire sa présence militaire en Allemagne d'environ 15% des 36.000 soldats stationnés dans les "six à douze prochains mois", selon le porte-parole du Pentagone Sean Parnell.

Aux Etats-Unis, les deux présidents républicains des commissions parlementaires des forces armées de la Chambre et du Sénat, pourtant du camp de Donald Trump, se disent "très inquiets" de cette décision et du "mauvais signal envoyé à Vladimir Poutine".

"Même si les alliés vont vers des dépenses de défense à 5% de leur PIB, la concrétisation de cet investissement (...) prendra du temps. Réduire prématurément la présence américaine en Europe avant que ces moyens soient pleinement opérationnels risque de fragiliser la dissuasion", s'alarment Mike Rogers et Roger Wicker dans un communiqué.

"Que des troupes des Etats-Unis se retirent d'Europe et d'Allemagne était attendu", a réagi plus tôt le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, dans un commentaire transmis à l'AFP.

"Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité", a-t-il appelé.

- Automobiles allemandes -

Donald Trump en est venu à cette annonce visant un pays allié membre de l'Otan après que le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé lundi que "les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie" en Iran et que Téhéran "humiliait" la première puissance mondiale.

Plus généralement, le président américain reproche à ses alliés européens traditionnels un manque de soutien dans son offensive lancée fin février contre la République islamique aux côtés d'Israël.

Friedrich Merz "pense que c'est OK que l'Iran se dote de l'arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle!", lui avait rétorqué Donald Trump mardi.

Sans répondre directement, le dirigeant allemand avait appelé jeudi à "un partenariat transatlantique fiable".

Vendredi, Donald Trump s'en est aussi indirectement pris à l'Allemagne et ses importantes exportations automobiles en annonçant vouloir relever à 25% "la semaine prochaine" les droits de douane sur les véhicules importés aux Etats-Unis depuis l'Union européenne.

Il reproche à l'UE de ne pas respecter l'accord commercial conclu l'été dernier, alors que son processus de validation n'est pas encore arrivé à son terme au sein du bloc des 27.

L'UE "met en oeuvre les engagements pris (...) conformément aux pratiques législatives habituelles, en tenant le gouvernement américain pleinement informé tout au long du processus", a réagi sa délégation à Washington, sollicitée par l'AFP.

- "Dissuasion collective" -

Si les Etats-Unis ne respectent pas leur part de l'accord, a-t-elle ajouté, "nous garderons toutes les options ouvertes pour protéger les intérêts de l'UE".

De telles surtaxes américaines entraîneraient des "coûts énormes pour l'industrie automobile allemande et européenne, déjà confrontée à des conditions très difficiles", a réagi samedi la présidente du lobby automobile allemand (VDA), Hildegard Müller, exhortant "de toute urgence à la désescalade et à l'ouverture rapide de négociations".

Depuis la fin de la Guerre froide, la présence américaine en Allemagne a fortement diminué mais reste centrale pour la sécurité du pays face à la menace russe depuis l'invasion de l'Ukraine, tout en soutenant des milliers d'emplois et de contrats dans une économie allemande en difficulté.

La présence américaine dans le pays est "dans l'intérêt" de l'Allemagne et des Etats-Unis car ces troupes servent de "dissuasion collective", selon M. Pistorius.

Donald Trump a également évoqué jeudi une possible réduction des forces américaines en Italie et en Espagne. Fin 2025, les deux pays accueillaient respectivement 12.662 et 3.814 soldats américains, selon des chiffres officiels.

L'UE a souligné jeudi que la présence de troupes américaines en Europe servait "également les intérêts des Etats-Unis".

(M.LaRue--LPdF)