Entretien automobile: 40% des contrôles de la Répression des fraudes ont révélé des "manquements" en 2024
Tarifs incomplets, factures insuffisamment détaillées, prix gonflés... La Répression des fraudes révèle jeudi que 40% des établissements réalisant l'entretien et la réparation de véhicules, contrôlés par ses services en 2024, ont présenté "des manquements" à leurs obligations.
L'enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en 2024 a ciblé "plus de 1.600 garages, centres automobiles et concessionnaires".
"Près de 40% des 1.600 établissements contrôlés (...) ont présenté des manquements faisant l'objet de suites correctives et répressives", indique la DGCCRF dans un communiqué.
La plupart des manquements constatés concernent un défaut d'information sur les prix ou des pratiques commerciales trompeuses.
"De nombreux affichages de tarifs étaient incomplets ou illisibles pour le consommateur et les factures insuffisamment détaillées sur la nature et le prix des prestations réalisées", explique la Répression des fraudes. Elle pointe notamment "l'absence récurrente d'affichage des tarifs pour des prestations qui sont pourtant systématiquement facturées au consommateur, tels que les frais de diagnostic, de gardiennage ou de main d'oeuvre".
Concernant les pratiques commerciales trompeuses, il s'agit souvent de "prix facturés au consommateur plus élevés que ceux annoncés ou la facturation de prestations qui n'ont pas été réalisées".
Par exemple, "des garagistes (facturent) aux consommateurs des prestations de retrait et de remplacement de pièces détachées, alors qu'aucune manipulation de la sorte (n'a) été réalisée", note la DGCCRF.
Des contrôleurs ont également repéré dans certains cas des contrats avec "des clauses litigieuses ou illégales", ou encore des "manipulations illégales sur les véhicules", comme le retrait d'un dispositif antipollution.
A la suite de ces contrôles, 220 procès-verbaux administratifs ou pénaux ont été dressés. 500 entreprises ont été visées par des injonctions de mise en conformité et plus de 580 autres ont reçu un avertissement.
La part d'entreprises du secteur ayant fait l'objet de "suites correctives ou répressives" a augmenté de 10 points entre la précédente enquête de la DGCCRF, datant de 2022, et celle de 2024. Néanmoins, cette hausse "ne reflète pas un taux représentatif de la moyenne du secteur", mais peut traduire un meilleur ciblage", note la Répression des fraudes.
Le coût moyen d'une réparation a augmenté de plus de 20% entre 2019 et 2023, ce qui en fait "l'un des postes de dépenses les plus importants pour les ménages", dit le communiqué.
(H.Leroy--LPdF)