Israël mène de nouvelles frappes au Liban
L'armée israélienne a ordonné vendredi aux habitants d'une dizaine de villages de les évacuer et a commencé à frapper l'un d'entre eux selon l'agence de presse officielle, affirmant poursuivre ses attaques contre le Hezbollah qui a rejeté un accord de cessez-le-feu.
L'accord annoncé cette semaine par Washington à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, prévoit un cessez-le-feu conditionné à un arrêt complet des tirs du mouvement pro-iranien.
L'armée israélienne a lancé vendredi des appels à évacuer à la population d'une dizaine de localités, au nord du Litani, fleuve coulant à une trentaine de kilomètres au nord le frontière.
Le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne, a appelé la population à évacuer ces localités, dont Sarafand, une bourgade côtière sur la route entre les villes de Tyr et Saïda. Toute personne se trouvant "près de positions ou de membres" du Hezbollah se met en danger, a prévenu l'armée.
- Fuite des habitants -
Une frappe a visé le village de Anqoun peu après, a indiqué l'agence de presse officielle libanaise ANI qui avait fait état plus tôt de la fuite d'habitants des localités concernées.
La formation pro-iranienne a entraîné début mars le pays dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine.
Pour tenter de mettre fin aux hostilités, les autorités libanaises ont entamé des négociations avec Israël sous l'égide des Etats-Unis, pour la première fois depuis des décennies. Mais le Hezbollah y est opposé.
A l'issue d'une quatrième session mercredi, un nouvel accord a été annoncé, la trêve en vigueur depuis le 17 avril n'ayant jamais été respectée.
Alors que l'accord prévoit un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du pays, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a souligné jeudi qu'il n'y aurait "pas de sécurité" pour le nord d'Israël "sans sécurité pour les villages" de cette région.
L'armée israélienne a également mené vendredi une frappe à l'entrée de Tyr, dans le sud, a annoncé l'ANI. Des frappes nocturnes israéliennes sur cette ville millénaire ont fait sept morts, a indiqué à l'AFP une source au sein de la défense civile.
Une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, a constaté le correspondant de l'AFP.
Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.
- Appel de l'ONU -
"Je me trouvais dans la chambre d'hôpital de ma mère quand une forte frappe s'est produite. Elle avait déjà échappé par miracle à la première frappe (lundi, NDLR) lorsqu'elle était au service des soins intensifs", qui a été endommagé, dit à l'AFP Marwan Ghorayeb, un retraité des forces de sécurité.
"Ma maison au village a été détruite, ma maison à Tyr également, il ne nous reste plus que les vêtements que nous avons sur le dos", ajoute-t-il.
Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué dans la nuit trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.
La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.
Depuis le début d'une trêve le 17 avril, les deux parties s'accusent mutuellement de la violer et Israël mène son incursion militaire la plus profonde au Liban depuis l'an 2000.
Sur l'autre front du conflit, les négociations entre Washington et Téhéran patinent. Et l'Iran exige que tout accord englobe un cessez-le-feu au Liban, avec un retrait des troupes israéliennes.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.
La guerre a déplacé plus d'un million de personnes au Liban. L'ONU a plus que doublé vendredi son appel aux dons pour le Liban, réclamant près de 640 millions de dollars sur six mois.
(Y.Rousseau--LPdF)