Le Pays De France - Venezuela: des proches de prisonniers politiques s'installent devant l'ambassade américaine

Paris -
Venezuela: des proches de prisonniers politiques s'installent devant l'ambassade américaine
Venezuela: des proches de prisonniers politiques s'installent devant l'ambassade américaine / Photo: © AFP

Venezuela: des proches de prisonniers politiques s'installent devant l'ambassade américaine

Un groupe de proches de prisonniers politiques a installé lundi un campement aux abords de l'ambassade des Etats-Unis à Caracas pour exiger leur libération et demander la médiation du chef de la mission diplomatique américaine, John Barrett, auprès du gouvernement intérimaire du Venezuela.

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Une vingtaine de personnes ont commencé à arriver dès dimanche soir. Elles se sont postées sous la pluie à une cinquantaine de mètres de l'ambassade, située dans un quartier huppé de la capitale vénézuélienne.

"Nous ne partirons pas d'ici tant que le chargé d'affaires n'aura pas effectué cette médiation avec le gouvernement intérimaire et qu'on ne nous aura pas rendu nos proches", a déclaré à la presse Francis Quinones, 52 ans, mère d'un mis en cause dans l'affaire Gedeon - un débarquement de mercenaires en 2020, suivi de nombreuses arrestations.

Les proches des prisonniers politiques se tournent vers l'ambassade américaine, estimant que le Venezuela se trouve sous la tutelle de Washington.

La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a pris les rênes du pouvoir après la capture de Nicolas Maduro lors d'une opération américaine le 3 janvier, a promulgué en février une loi d'amnistie sous pression américaine.

Les ONG de défense des droits humains estiment toutefois qu'il y a encore plus de 400 prisonniers politiques dans le pays.

Les autorités "nous ont tellement menti que, maintenant, nous attendons une réponse des ambassades américaines", affirme Mayra Morales, 40 ans, dont le frère est détenu pour la même affaire.

Les proches ont monté une tente et affiché des pancartes avec les noms des prisons où ces détenus politiques sont incarcérés.

Le chef de la sécurité de l'ambassade les a informés qu'il avait transmis leurs revendications à ses supérieurs.

"Il nous a demandé de faire preuve de patience, que cela pouvait se régler dans les heures qui viennent comme cela pouvait prendre une ou deux semaines", confie Gabriela Alvarez, du Comité pour la liberté des prisonniers politiques.

Pendant la nuit, des agents de sécurité vénézuélien "ont harcelé des voisins uniquement parce qu'ils nous avaient aidés, qu'ils nous avaient apporté du café, des couvertures", a assuré Mme Alvarez.

Les autorités ont transféré la semaine dernière vers d'autres établissements les détenus qui se trouvaient encore dans l'Hélicoïde, prison de Caracas connue pour avoir été un centre de torture, en particulier pour les prisonniers politiques.

(Y.Rousseau--LPdF)