Au G7, concertation avec Zelensky pour dessiner une issue à la guerre en Ukraine
Les partenaires de Washington au sein du G7 vont s'efforcer mardi de replacer sur le devant de la scène la guerre en Ukraine, éclipsée par la crise au Moyen-Orient, avec l'espoir d'arracher l'appui de Donald Trump au président ukrainien pour entrevoir une issue au conflit provoqué par la Russie.
Volodymyr Zelensky est arrivé mardi matin à Evian, dans les Alpes françaises, avec pour objectif de convaincre les grandes puissances industrialisées - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - de se rallier unanimement à la cause ukrainienne.
Le dirigeant ukrainien a été accueilli par son homologue français Emmanuel Macron dans les jardins de l'hôtel Royal, au bord du lac Léman, où le sommet s'est ouvert lundi soir. Les deux hommes ont échangé une accolade chaleureuse et marché ensemble jusqu'à l'entrée principale de l'hôtel, avant un tête-à-tête d'une vingtaine de minutes.
Le président ukrainien participe à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec le président américain Donald Trump.
A défaut d'annoncer une bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.
"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté, déplorant en outre les 25.000 morts mensuels dans ce conflit.
Après de nouvelles frappes meurtrières russes lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".
Il peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien. Il aura des réunions bilatérales avec le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre canadien Marc Carney.
Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a d'ores et déjà annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer.
- "Unité et détermination" -
Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.
"Je le dis avec toute la prudence et la retenue requises: pour la première fois, une fenêtre peut lentement s'ouvrir ici pour la diplomatie", a de son côté commenté le chancelier allemand.
Et comme pour mettre le président américain dans de bonnes dispositions, Friedrich Merz lui a offert mardi matin un maillot de football allemand portant le numéro 47, en référence au 47e président des Etats-Unis.
Lundi, le président du Conseil européen António Costa, également présent à Evian, avait souligné que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre".
A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.
De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain", et frappe des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".
Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.
Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence elle à montrer des signes de faiblesse.
Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.
Lundi, le président Zelensky a fait savoir qu'il avait proposé de rencontrer son homologue russe aux Etats-Unis, lors d'un appel téléphonique dimanche avec Donald Trump. "Nous avons discuté avec le président Trump de la possibilité d'organiser une telle rencontre aux Etats-Unis, dans un format que Poutine aurait beaucoup plus de mal à refuser", a déclaré M. Zelensky sur X. "Nous verrons ce qui en résultera".
Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement, qui en discuteront lors d'un déjeuner auquel sont conviés les dirigeants d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis, après l'accord signé dimanche entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.
Dt-fff-vl-mla/dab/am
(F.Moulin--LPdF)