Keir Starmer prêt à quitter Downing Street, selon des médias britanniques
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, de plus en plus isolé depuis la victoire à une législative partielle de son rival au sein du Labour, Andy Burnham, serait finalement prêt à démissionner et pourrait annoncer son départ dès lundi, selon plusieurs médias britanniques.
Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester et grand favori pour succéder à Keir Starmer, doit être officiellement investi député lundi vers 14h30 locales. Une étape indispensable pour prétendre à la direction du parti travailliste puis prendre la tête du gouvernement.
Keir Starmer, très impopulaire, avait répété vendredi qu'il se battrait pour rester au pouvoir mais la pression a continué de monter ce week-end. Il n'a pas dit un mot depuis.
De nombreux journalistes étaient en place lundi dès l'aube devant Downing Street.
"Je ne sais pas s'il a pris une décision. Il réfléchit très sérieusement à ce qui est le mieux pour le pays", a déclaré sur Sky News Jacqui Smith, secrétaire d'Etat chargée de l'Education, qui représentait le gouvernement dans les médias.
Selon le Guardian, Keir Starmer "devrait annoncer lundi qu'il démissionnera de son poste de Premier ministre après une pression écrasante des députés travaillistes pour qu'il cède la place à Andy Burnham".
Pour la BBC, les signes indiquant que Keir Starmer pourrait annoncer un plan de démission dès lundi "se multiplient".
Il est "sur le point de démissionner", a aussi écrit le Financial Times, même si un allié du chef du gouvernement a indiqué à ce journal qu'"aucune décision définitive n'avait été prise".
Selon Sky News, des poids-lourds du gouvernement, dont la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, l'ont exhorté à fixer une date pour son départ du 10, Downing Street.
Plus de 100 députés travaillistes réclament désormais le départ de Keir Starmer, soit environ un quart des députés du parti, selon l'agence Press Association.
Il est probable, d'après le Guardian, qu'il reste dans ses fonctions jusqu'à la fin de l'été au moins. Puis le nouveau dirigeant serait désigné au cours du congrès du Labour fin septembre.
Donald Trump a pris pour acquis dimanche une démission du dirigeant du Labour auquel il a souhaité "le meilleur". "Keir Starmer va démissionner" de son poste, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
"Il a échoué lamentablement sur deux sujets très importants - L'IMMIGRATION ET L'ENERGIE (EXPLOITEZ LE PETROLE DE LA MER DU NORD!)", a déclaré Donald Trump, qui multiplie les attaques contre Keir Starmer depuis des mois.
- "Changer le pays" -
Interrogé dimanche par l'AFP, Downing Street a affirmé que Keir Starmer demeurait sur la même position que vendredi.
Il aurait passé le week-end à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres, où il se serait entretenu avec ses alliés et sa famille.
Si Keir Starmer quitte ses fonctions, le Royaume-Uni connaîtra son septième Premier ministre en dix ans, une instabilité sans précédent dans l'histoire moderne de ce pays.
Cet ex-avocat de 63 ans était pourtant arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire massive du parti travailliste aux législatives.
Les attentes étaient grandes après 14 années de gouvernements conservateurs. Mais, deux ans plus tard, le Royaume-Uni est toujours confronté à une économie apathique et à une forte hausse du coût de la vie.
Keir Starmer a aussi commis des erreurs notables, comme celle de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington. Neuf mois plus tard, celui-ci était limogé après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Début mai, le Labour a subi une cuisante défaite à des élections locales, au profit du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, ce qui a intensifié les critiques contre Keir Starmer au sein du parti.
Au contraire, Andy Burnham, 56 ans, l'a emporté jeudi dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l'Angleterre, avec 54,8% des voix contre 34,5% pour le candidat de Reform UK.
Andy Burnham, devenu maire du Grand Manchester en 2017 et surnommé le "roi du Nord", a répété pendant la campagne qu'il voulait "changer le Labour et le pays".
S'il a déjà été candidat malheureux à deux reprises à la tête du parti travailliste - en 2010 et 2015 -, il est la personnalité politique préférée des Britanniques, selon l'institut YouGov.
(A.Laurent--LPdF)