Colombie: au moins 11 blessés dans l'explosion d'un camion piégé, à six jours de l'investiture du président élu
Un camion bourré d'explosifs a explosé samedi près d'un commissariat de police dans la ville colombienne de Cúcuta, faisant au moins 11 blessés, six jours avant l'investiture du président élu Abelardo de la Espriella.
Au moins onze personnes ont été blessées dans l'explosion, selon le maire de la ville,
Abelardo de la Espriella, figure de l'extrême droite, prendra ses fonctions le 7 août dans la ville de Cali, en remplacement de Gustavo Petro, le premier président de gauche de l'histoire du pays.
La cérémonie d'investiture présidentielle se déroule traditionnellement au siège du Congrès à Bogota, mais le président élu a demandé que la cérémonie soit déplacée dans le sud-ouest du pays, région touchée par les affrontements entre les gangs de trafiquants de drogue et les guérilleros.
- Echec des négociations -
Soutenu par les Etats-Unis, Abelardo de la Espriella a promis d'intensifier la lutte contre les guérillas et les cartels de la drogue dans le pays, premier producteur de cocaïne au monde.
Ce durcissement annoncé s'inscrit dans un contexte de violence sans précédent depuis dix ans et à la suite d'un échec des négociations de paix menées par M. Petro avec les groupes armés.
Le président élu, qui prendra ses fonctions le 7 août, a donné un délai d'un mois à tous les criminels du pays pour se rendre et a promis des campagnes de bombardements massifs contre les puissants cartels de la drogue.
Il a également promis la construction de méga-prisons, louant les approches sécuritaires menées au Salvador par Nayib Bukele et en Equateur par Daniel Noboa.
Des experts ont mis en garde contre une possible escalade de la violence découlant de cette stratégie, dans un pays toujours englué dans plus de 60 ans de lutte armée avec différents groupes de gauche radicale et de gangs liés au narcotrafic et à l'exploitation minière illégale.
La campagne électorale avait déjà été marquée par la violence politique. En 2025, le candidat à la présidence et sénateur de droite Miguel Uribe Turbay avait été abattu lors d'un meeting à Bogota et était mort de ses blessures.
(R.Lavigne--LPdF)