Le Pays De France - Moyen-Orient: BP voit ses bénéfices s'envoler dans le sillage des autres majors

Paris -
Moyen-Orient: BP voit ses bénéfices s'envoler dans le sillage des autres majors
Moyen-Orient: BP voit ses bénéfices s'envoler dans le sillage des autres majors / Photo: © AFP/Archives

Moyen-Orient: BP voit ses bénéfices s'envoler dans le sillage des autres majors

Le géant pétro-gazier britannique BP a vu son bénéfice net plus que doubler au deuxième trimestre, à 3,9 milliards de dollars, selon ses résultats publiés mardi, le groupe ayant profité comme les autres majors des prix élevés des hydrocarbures et de la volatilité des cours avec la guerre au Moyen-Orient.

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Shell, compatriote et concurrent de BP, avait publié la semaine dernière un bénéfice multiplié par trois. Le groupe français TotalEnergies a doublé ses profits, tout comme l'américain ExxonMobil. L'autre géant étasunien Chevron a même quintuplé son résultat sur un an.

Au total, les cinq grandes majors occidentales ont engrangé au cours du deuxième trimestre près de 47 milliards de dollars de bénéfices nets, relançant aussi les appels à taxer davantage les géants des hydrocarbures.

L'ONG Oxfam a notamment estimé la semaine dernière qu'un impôt sur les profits des plus grandes entreprises de combustibles fossiles pourrait rapporter jusqu'à 400 milliards de dollars à l'échelle mondiale dès la première année.

Les résultats de BP traduisent des prix de vente "plus élevés" pour le pétrole et le gaz, mais aussi "l'amélioration des marges de raffinage et de la performance des activités commerciales auprès des clients", a précisé le groupe britannique mardi dans un communiqué.

Son chiffre d'affaires a augmenté de 47% sur un an au deuxième trimestre, à 70,1 milliards de dollars. Son bénéfice sous-jacent (hors éléments exceptionnels), très scruté par les marchés, a lui aussi plus que doublé, à 5,7 milliards de dollars - mieux qu'attendu.

- "Pas à la hauteur" -

Le groupe a aussi annoncé qu'il verserait un dividende en hausse de 4% pour le deuxième trimestre. A la Bourse de Londres mardi matin, son action progressait de 1,12%, à 558,30 pence.

"C'est mon premier trimestre complet chez BP, et il a été marqué par l'une des périodes les plus perturbées qu'ait connues le marché mondial de l'énergie", a commenté la directrice générale du groupe, Meg O'Neill, qui a pris ses fonctions début avril, saluant "un solide trimestre" sur le plan financier.

"Mais il y a des domaines où notre performance n'a pas été à la hauteur", a-t-elle regretté. "Sur le plan opérationnel, nos installations n'ont pas aussi bien fonctionné que le trimestre précédent (...), la production a diminué et nos raffineries ont traité moins de brut", a-t-elle expliqué.

BP avait déjà prévenu mi-juillet que ses résultats du deuxième trimestre continueraient de bénéficier de la volatilité des prix, mais en soulignant que le conflit au Moyen-Orient pèse sur sa production, de même que des opérations de maintenance saisonnières.

Le groupe, aux performances à la traîne de celles des autres majors ces dernières années, après un virage vert qui n'a pas produit les résultats escomptés, a connu ces derniers mois de fortes turbulences au sein de son équipe de direction.

- BP délaisse la mer du Nord -

L'Américaine Meg O'Neill, sa nouvelle patronne, a pour mission de mettre en œuvre un recentrage radical sur les hydrocarbures, ainsi qu'un plan de réduction des coûts.

Dans ce cadre, BP avait annoncé vendredi qu'il envisageait de vendre ses activités en mer du Nord, se détournant d'un bassin vieillissant jugé plus assez rentable. Un choc au Royaume-Uni alors que le gouvernement britannique est sous pression, notamment de Donald Trump, pour autoriser davantage de forages dans ses eaux.

BP a assuré que son siège resterait au Royaume-Uni.

Depuis plusieurs mois, BP multiplie les cessions d'actifs, avec notamment la vente de 65% de sa filiale de lubrifiants Castrol, celle de sa raffinerie de Gelsenkirchen, en Allemagne, ainsi que la cession de ses activités de distribution au détail en Autriche. Le groupe a également annoncé mardi la mise en vente d'Archaea, son activité de biogaz aux Etats-Unis.

Meg O'Neill "cherche à imprimer sa marque sur l'entreprise" avec "une volonté claire de simplification et une rigueur accrue dans la prise de décision", a estimé Victoria Scholar, analyste chez interactive investor.

Cette dernière cession illustre bien, a-t-elle noté, "le désengagement de l'entreprise des énergies renouvelables, au profit d'une stratégie davantage axée sur la rentabilité et centrée sur le pétrole et le gaz".

(R.Dupont--LPdF)