Le Pays De France - Carburants: l'aide aux grands rouleurs prolongée et élargie, alors que les Français paient des prix records

Paris -
Carburants: l'aide aux grands rouleurs prolongée et élargie, alors que les Français paient des prix records

Carburants: l'aide aux grands rouleurs prolongée et élargie, alors que les Français paient des prix records

Le gouvernement a annoncé mardi une prolongation et un élargissement de l'aide aux grands rouleurs pour tenter de répondre à l'inquiétude des Français les plus affectés par les prix records des carburants, provoqués par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.

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L'aide va être prolongée jusqu'à la fin de l'année et le nombre de bénéficiaires potentiels élargi à 5,5 millions de personnes, a annoncé jeudi le gouvernement.

Pour les bénéficiaires, l'aide de 100 euros "représentera l'équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour deux mois en moyenne", a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également ministre déléguée à l'Énergie. Jusque là, trois millions de personnes étaient éligibles.

 

Les aides supplémentaires aux ménages et aux professionnels promises mardi représentent 450 millions d'euros, selon le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Nous avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens", a déclaré en préambule avec gravité le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure. Toutefois, a-t-il souligné, "c'est une situation que nous n'avons pas choisie. Elle s'impose à nous, elle s'impose à nous toutes et nous tous".

"L'énergie est une arme de guerre. Une route maritime menacée, une raffinerie frappée, et les conséquences arrivent jusque dans le budget des familles françaises", a écrit sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu.

À la pompe, c'est l'inquiétude. "Est-ce que je vais pouvoir manger bien à la fin du mois?", s'interroge Sylvano Doré, responsable livraison, venu mardi dans une station-service de Bobigny, près de Paris. Il s'estime contraint de "mettre plus dans l'essence que dans la nourriture".

"On a l'impression qu'on paye, en fait, pour aller travailler", déplorait depuis Rennes une auxiliaire de vie à domicile, Sabrina Breteau.

- Pas d'inquiétude pour l'approvisionnement -

Le gouvernement avait déjà prolongé la semaine dernière des dispositifs destinés aux pêcheurs, au BTP ou aux agriculteurs, tous gros consommateurs d'hydrocarbures.

Roland Lescure a toutefois réitéré qu'il n'y avait à ce stade "aucun problème d'approvisionnement en France", avec "deux mois de visibilité", même si le gazole, très consommé en France, ou l'essence manquent à certaines stations.

Le chef de l'Etat sera interviewé jeudi à 20H00 par TF1 et France 2. Vendredi, il a réuni les chefs de parti ou candidats à la présidentielle, dressant un tableau durable de la menace "hybride" russe et de la crise énergétique.

Le prix du baril de Brent "est en train de redescendre", a avancé Philippe Casbas, nouveau président du syndicat professionnel des pétroliers Ufip, sur Europe 1. Mais "pour qu'il descende réellement", il faudrait "des signaux d'accalmie" au Moyen-Orient.

Le prix du gazole s'établissait mardi à 2,41 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l'AFP des données publiques, un record. Ceux de l'essence SP98 à 2,27 euros et SP95-E10 à 2,17 euros.

- Pas de cagnotte -

La colère sociale s'est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs. Certains responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type "gilets jaunes", né fin 2018 de l'augmentation d'une taxe sur les carburants.

La marge de manœuvre de l'exécutif est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques.

Pour dissiper tout soupçon d'effet d'aubaine fiscale pour le gouvernement, Sébastien Lecornu entend proposer aux parlementaires d'inscrire dans le budget 2027 une "règle d'or" établissant que les surplus éventuels de TVA générés par la hausse des prix des carburants soient "neutralisés" et "restitués" aux Français, a annoncé son entourage mardi.

"Il n'y a pas eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de cagnotte", a insisté le ministre des Comptes publics, David Amiel.

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(P.Toussaint--LPdF)