Avant les élections de mi-mandat, des républicains prennent leurs distances avec Trump
A quelques semaines d'élections de mi-mandat cruciales pour Donald Trump, plusieurs candidats républicains se sont fait remarquer ces derniers jours avec des publicités où ils prennent leurs distances avec le président, qui souhaite pourtant faire du scrutin un référendum sur sa personne.
"Globalement impopulaire", Donald Trump est comme "un boulet aux pieds de la plupart des candidats républicains", explique à l'AFP Peter Loge, professeur de communication politique à l'université George Washington.
Dans une vidéo de campagne diffusée la semaine dernière, la députée républicaine Maria Elvira Salazar a ainsi décrié la politique de répression des migrants décidée par la Maison Blanche.
"Monsieur le Président, certaines de vos mesures de contrôle de l'immigration sont allées trop loin", y déclare l'élue de Floride, Etat qui compte une importante population hispanique.
"Les mêmes Hispaniques qui vous ont aidé à revenir à la Maison Blanche en 2024 se sentent aujourd'hui trahis", ajoute Maria Elvira Salazar, qui jusqu'ici était pourtant une alliée fidèle de Donald Trump.
Mike Rogers, candidat républicain au Sénat dans le Michigan, a lui affirmé lundi dans une vidéo de campagne: "La guerre en Iran doit prendre fin pour faire baisser les coûts".
En Iowa, la candidate républicaine au Sénat Ashley Hinson a aussi exhorté à ce que davantage soit fait pour soulager les Américains, qui "ne devraient pas avoir à payer à la pompe ou à la caisse pour la guerre en Iran".
- "Faute politique" -
Un sondage Ipsos publié lundi montre que seuls 32% des Américains ont une opinion favorable du mandat du républicain, au plus bas depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.
Certaines politiques de Donald Trump sont ainsi "particulièrement toxiques", affirme Peter Loge, qui cite sa guerre commerciale entamée avec le Canada, sa répression de l'immigration qui va "bien plus loin que ce que la plupart des Américains veulent", ou encore les prix actuels des carburants.
"Ce n'est pas une bonne année pour être un candidat républicain", estime le professeur, pour qui faire campagne en se servant de Donald Trump serait "une faute politique" à droite.
Une analyse réalisée par la chaîne CNN montre que sur les deux premières semaines de septembre, seuls 12 spots télévisés de campagne sur les 500 diffusés par les républicains sur la même période mentionnaient le président.
Donald Trump fait pourtant tout pour ramener les prochaines élections à lui.
"Vous devez prétendre que je suis candidat", a-t-il lancé devant ses partisans lors de la convention républicaine à Dallas plus tôt ce mois-ci.
De nombreuses figures du parti se sont tenues éloignées du grand raout, comme la sénatrice Susan Collins, candidate à sa réélection dans le Maine.
- "Nuance" -
Pour Mike Fahey, consultant en communication politique, les républicains ne découvrent pas "soudainement une indépendance idéologique" pour autant.
"Les candidats prennent leurs distances sur les sujets où la pression politique est la plus grande", analyse-t-il et "le message n'est pas nécessairement +Je suis contre Trump+", mais plutôt +Je suis ma propre personne+".
D'ailleurs la distance mise par certains candidats est loin d'être absolue. Sur son site de campagne, Ashley Hinson met toujours en avant le soutien apporté par Donald Trump.
Le Parti républicain a affirmé auprès de Politico que les candidats se devaient d'effectuer les ajustements nécessaires à leur campagne, et que le président comprenait bien que certains sujets demandaient une certaine "nuance" afin de gagner.
Mais Donald Trump a montré maintes et maintes fois une tolérance limitée envers tout contestataire.
En réponse à la vidéo de Maria Elvira Salazar sur l'immigration, le républicain a assuré qu'il soutenait toujours la candidate mais n'a pu s'empêcher de la critiquer comme "un peu trop molle" sur le contrôle des frontières.
Reste à déterminer si la stratégie de prise de distances fonctionnera.
"Cela dépendra largement du fait de savoir si les électeurs voient cette séparation comme authentique ou comme une manoeuvre électorale", affirme Mike Fahey.
"Les électeurs sont plutôt bons pour reconnaître quand un politicien change l'emballage sans changer le produit", ajoute-t-il.
(F.Bonnet--LPdF)