Ukraine: sept morts dans des frappes russes, des infrastructures de transport visées
Au moins sept personnes ont été tuées mercredi dans des frappes russes en Ukraine qui ont notamment visé des infrastructures de transport routières, ferroviaires et maritimes, provoquant des incendies à Kiev.
La capitale ukrainienne, qui compte environ 3 millions d'habitants, est depuis plusieurs jours la cible d'attaques de drones particulièrement intenses, dans un contexte de nette intensification des frappes à longue portée des deux côtés du front.
Mercredi, au moins deux personnes ont été tuées à Kiev et 41 autres blessées dans des bombardements qui ont endommagé notamment une station-service, un centre d'affaires et des magasins, d'après les autorités municipales.
Le directeur des chemins de fer ukrainiens, Oleksandre Pertsovsky, a lui indiqué que le réseau ferroviaire de Kiev était "sous le feu", et a appelé les passagers utilisant la gare centrale, très fréquentée, à faire preuve d'une vigilance "maximale".
Des explosions ont retenti pendant la nuit et dans la journée avec des panaches de fumée visibles dans plusieurs quartiers de la ville.
Dans la région méridionale d'Odessa, une frappe russe a touché un cargo battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda et tué son capitaine ukrainien, a rapporté le gouverneur Oleg Kiper.
Cette attaque a aussi visé des entrepôts utilisés notamment pour stocker des médicaments et des produits alimentaires, a-t-il affirmé sur Telegram.
Le ministère russe de la Défense a pour sa part affirmé avoir frappé un vraquier qui acheminait vers le port d'Odessa "des cargaisons à usage militaire", ainsi qu'un entrepôt de composants pour drones dans une localité de la région.
A Oleksandrivka, dans la région orientale de Donetsk où se déroule l'essentiel des combats, quatre personnes ont été tuées et quatre blessées dans une frappe ayant touché un immeuble résidentiel, selon le délégué ukrainien aux droits humains Dmytro Lubinets.
- "Paralyser l'économie" -
Le président Volodymyr Zelensky accuse la Russie de chercher à "paralyser l'économie et détruire la vie des gens", plus de quatre ans et demi après le début de l'invasion russe du pays.
L'Ukraine a elle-même intensifié ses frappes en Russie, visant notamment à répétition ces derniers mois des raffineries et dépôts de pétrole, des entrepôts des géants de l'e-commerce Wildberries et Ozon, ainsi que des cargos circulant depuis les ports russes en mer Noire.
Dimanche, au dernier jour d'élections législatives en Russie, l'Ukraine avait lancé plus de 1.600 drones et missiles sur le pays, suscitant la promesse d'une riposte de la part des autorités russes.
Les attaques russes ciblent des entrepôts, navires, usines et stations-essence et ont mis à l'arrêt en grande partie le secteur métallurgique de l'Ukraine et ses exportations agricoles, infligeant d'importantes pertes économiques au moment où Kiev doit faire face à un déficit budgétaire qualifié d'"astronomique" par M. Zelensky.
Le budget ukrainien pour l'année 2027, adopté la semaine dernière par le gouvernement, prévoit un besoin de financement extérieur de 45,8 milliards d'euros et des dépenses militaires à un niveau record.
Au moins 226 navires civils et commerciaux ont été touchés en mer Noire depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, selon la Chambre turque de commerce maritime Imeak. Soixante-dix pour cent de ces attaques, soit 163 au total, ont eu lieu au cours des huit premiers mois de cette année.
Ces attaques en mer Noire ont été jugées "inacceptables" mardi par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a renvoyé dos à dos l'Ukraine et la Russie lors d'un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies.
Lors d'une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump à New York mardi, les deux hommes ont discuté de "potentielles étapes de désescalade susceptibles d'ouvrir la voie à la diplomatie", a déclaré le dirigeant ukrainien.
Le président américain s'en est pris à plusieurs reprises ces dernières semaines à Volodymyr Zelensky, estimant qu'il devait "arrêter" d'attaquer les raffineries russes pour ne pas aggraver la pénurie de diesel actuelle. M. Zelensky lui a dit mardi être "prêt" à cesser les frappes sur les sites énergétiques russes si Moscou faisait de même.
(O.Agard--LPdF)