Le Pays De France - Le gouvernement présente son budget "de redressement" et s'attire les foudres des oppositions

Paris -
Le gouvernement présente son budget "de redressement" et s'attire les foudres des oppositions

Le gouvernement présente son budget "de redressement" et s'attire les foudres des oppositions

Le gouvernement français a présenté jeudi son projet de budget 2027, avec l'ambition de "redresser" les finances publiques par une série de mesures d'économies, notamment sur les retraites, s'attirant les foudres des oppositions.

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Les projets de budget de l'État (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été présentés jeudi matin en Conseil des ministres. Ils seront ensuite examinés par le Parlement, où les débats s'annoncent tendus, avec un risque accru de censure du gouvernement, à sept mois de l'élection présidentielle.

Les députés PS, avec qui un compromis pourrait permettre de faire adopter le budget, ont déjà dit ne voir "aucune main tendue" dans ce projet et dénoncé une "provocation", déplorant que ne soient pas "mis à contribution les plus fortunés". Leurs homologues écologistes ont promis une censure face à un budget "insupportable".

Le RN aussi a critiqué un budget "consternant", tout en soulignant que la conjoncture économique rendrait une censure plus risquée cette année.

Dans son projet de budget, le gouvernement prévoit, pour ramener le déficit à 5% en 2027, 43 milliards d'euros de "mesures de redressement" l'an prochain, auxquelles s'ajoutent des mesures prises antérieurement pour atteindre au total "54 milliards d'euros".

- ministères "à la diète" -

"C'est un effort important", qui demande "une mobilisation collective", a souligné Roland Lescure, estimant que la France reprenait "le chemin de la consolidation budgétaire".

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), organisme indépendant chargé d'émettre un avis sur le projet de budget, a cependant jugé "optimiste" le scénario économique du gouvernement, qui table sur 1% de croissance l'an prochain.

Alors que le taux d'emprunt de la France à échéance dix ans a atteint un record depuis 2002 sur les marchés jeudi, à 4,96%, le gouvernement compte assainir les finances publiques en donnant un coup de frein aux dépenses, qui représenteront "60% de l'effort pour l'année prochaine", a souligné M. Lescure.

L’État participera largement. Ses dépenses seront "stables" hors défense. Certains ministères devront faire des efforts conséquents, dont celui du Travail (pour 2,5 milliards d'euros), tout comme certains opérateurs de l'État. "De très nombreux ministères sont à la diète", a fait valoir David Amiel devant la commission des finances de l'Assemblée.

Le gouvernement compte par ailleurs réduire de près de moitié le déficit de la Sécurité sociale, à 12,7 milliards d'euros, après 21,8 milliards en 2026. Il veut limiter la hausse des dépenses de santé à 2%, nettement moins que les années précédentes.

Les retraités seront fortement mis à contribution, à hauteur de 5,5 milliards d'euros. Le gouvernement propose que les pensions supérieures à 1.260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l'inflation. Il veut aussi ramener à 3.000 euros le plafond de l'abattement fiscal de 10% sur l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités (contre 4.439 euros actuellement).

Les collectivités ont qualifié de "disproportionné" l'effort de 5,4 milliards d'euros qui leur sera demandé.

- "Pyromane" -

Outre les économies sur les dépenses, le budget prévoit d'augmenter les recettes fiscales, sans "hausse généralisée d'impôt". Les prélèvements obligatoires atteindront 44,2% du produit intérieur brut, contre 43,9% en 2026, surtout grâce à la réduction de niches fiscales.

Pour les entreprises, le gouvernement veut notamment limiter les exonérations de cotisations patronales et alourdir de 800 millions d'euros la taxation des exploitants d'autoroutes et d'aéroports.

Il compte aussi s'attaquer aux produits sucrés, avec une nouvelle taxe sur les produits "transformés, emballés", qui a déjà suscité une levée de boucliers de l'industrie agroalimentaire.

"Affaiblir encore les entreprises, c'est affaiblir le pays", a réagi le Medef, chiffrant à "près de 20 milliards d'euros" les prélèvements et taxes qui les touchent dans ce budget.

L'exécutif prévoit également un gel des prestations familiales et de ne pas revaloriser, "exceptionnellement en 2027", les aides personnelles au logement (APL).

Il voulait également faire payer l'inscription en BTS ou en classe préparatoires, jusqu'ici gratuites, aux étudiants non boursiers. Mais alors que les lycées sont secoués par des blocages parfois violents, et face à la colère de la gauche et de la CGT, le ministre d l'Education Edouard Geffray a annoncé jeudi soir que le gouvernement allait retirer ce projet.

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(C.Fournier--LPdF)