Le Pays De France - "140 milliards" d'économies : ce qu'il faut retenir de l'intervention de Marine Le Pen

Paris -
"140 milliards" d'économies : ce qu'il faut retenir de l'intervention de Marine Le Pen
"140 milliards" d'économies : ce qu'il faut retenir de l'intervention de Marine Le Pen / Photo: © AFP

"140 milliards" d'économies : ce qu'il faut retenir de l'intervention de Marine Le Pen

Marine Le Pen a présenté mardi les grandes lignes de son programme économique, avec l'ambition d'économiser "140 milliards d'euros" nets d'ici 2032.

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Atteindre les 3% de déficit public en 2030 tout en baissant de 30 milliards les impôts. Récupérer 15 à 20 milliards sur les retraites en instaurant un "pilier de capitalisation"... Ce qu'il faut retenir des annonces de la candidate du Rassemblement national à la présidentielle.

- Un plan à "140 milliards"

La députée du Pas-de-Calais, accompagnée de son numéro 2 Jordan Bardella et de son spécialiste finances et budget à l'Assemblée Jean-Philippe Tanguy, a rapidement adopté un ton alarmant.

"La France devient l'objet de toutes les inquiétudes des investisseurs internationaux", a lancé la cheffe du groupe d'extrême droite à l'Assemblée, depuis le siège du RN.

En réponse, elle propose un vaste plan d'économies de "140 milliards d'euros nets" en 2032 par rapport à 2026, disant tenir compte de la "hausse des taux" et du budget pour 2027 présenté par le gouvernement de Sébastien Lecornu.

Un plan de baisses de dépenses massif qui reposerait notamment sur l'immigration, la contribution à l'UE, les agences de l'État ou encore les dépenses des collectivités territoriales. Et qui se conjuguerait à "30 milliards" de baisse d'impôts. Avec comme horizon un déficit public sous la barre des 3% dès 2030, et un endettement de la France à 112% du PIB, contre 119% aujourd'hui.

L'un des leviers serait une "règle d'or" budgétaire inscrite dans la Constitution par référendum pour contraindre le pouvoir politique à réduire la dette chaque année. Une initiative qui pourrait être lancée dans la première année de son quinquennat si elle accède à l'Elysée, a-t-elle assuré, sans en faire une "urgence absolue", estimant sa propre trajectoire bien plus ambitieuse.

- Retraites et capitalisation

Très attendue sur ce qui reste l'un des angles d'attaque les plus courants contre le programme du RN, Marine Le Pen a aussi évoqué les retraites, proposant "entre 15 et 20 milliards d'économies à terme" pour réduire "l'important déficit" des quinquennats Macron, mais aussi financer sa propre réforme.

La candidate, favorable à ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans, voire à 60, a annoncé la présentation à venir d'une "grande réforme de la capitalisation individuelle et collective", comprenant la "création d'un véritable pilier de capitalisation".

- Appel à la BCE

Si elle a rappelé sa volonté de baisser significativement la contribution de la France à l'Union européenne (-8,9 milliards nets), l'ex-eurodéputée a estimé que la Banque centrale avait son rôle à jouer dans l'emballement des taux d'emprunt qui pèse sur les Etats.

"La BCE doit intervenir pour que les pays de l'Eurozone dégagent des marges de manœuvre financières pour investir dans notre souveraineté, à savoir la défense et le rattrapage technologique", a-t-elle argué.

- Neutralité carbone

La candidate du RN a également promis une "grande réforme structurelle" de "la politique écologique et énergétique", s'engageant comme à son habitude à "cesser les subventionnements à perte des énergies intermittentes", comme le solaire ou l'éolien.

Mais elle a aussi annoncé l'ambition d'atteindre "avant 2050 la neutralité carbone" à l'échelle du pays, réfléchissant notamment à ouvrir le prêt à taux zéro "au financement des voitures propres".

- Budget 2027 : Le Pen s'estime "entendue"

A la veille de l'examen en commission à l'Assemblée du projet de budget de l'Etat pour 2027, Marine Le Pen l'a qualifié sans surprise de "très mauvais", reposant selon elle sur un "rabot généralisé".

"Je crois quand même que le discours que nous avons tenu au gouvernement a été entendu", a toutefois ajouté la cheffe du groupe RN, qui détient l'une des clés de la non-censure - l'autre étant dans les mains du PS si le gouvernement décide de passer par 49.3.

Elle a estimé qu'il n'y avait pas lieu "de poser (...) des interdictions ou des interdits" dans la discussion budgétaire, et que la copie de l'exécutif serait rapidement modifiable après la présidentielle.

(C.Fournier--LPdF)