Dans les transports publics, un gilet rafraîchissant "aide bien" face à la canicule
"Ce n'est pas miraculeux, mais ça aide bien": avant de prendre son service dans la cabine de conduite du métro de la ligne 13 à Paris, François Calvez enfile un gilet rafraîchissant, une des multiples initiatives adoptées par les réseaux de transport à Paris ou en régions au fil des canicules à répétition.
Depuis l'été 2024, la RATP à Paris propose aux personnels travaillant sur les lignes 3, 6, 7 et 13, qui ne sont ni climatisées ni rafraîchies, de tester ces vêtements en textile technique, et s'apprête à lancer des essais avec les conducteurs de RER cet été.
Comme certains footballeurs de la Coupe du monde, et comme les salariés du secteur de la construction, François Calvez, 31 ans, l'utilise régulièrement pour arpenter les quais et les coursives du terminus de Châtillon, au sud de Paris.
Dès le matin, les rames garées en plein soleil y accumulent la chaleur et le thermomètre grimpe vite dans les rames.
Au vestiaire, où il se prépare, le conducteur immerge entièrement le gilet dans l'eau fraîche, l'essore grossièrement et l'enfile.
Le tissu absorbe l'eau à la manière d'une éponge. Une fois stockée dans les différentes couches du vêtement, l'eau s'évapore ensuite très lentement sans mouiller le corps, ce qui procure 5 à 10 heures de fraîcheur à celui qui porte le vêtement, selon son fabricant, la société française Technifresh.
Outre le gilet rafraîchissant, les réseaux multiplient les initiatives face aux températures caniculaires.
À Marseille, Transdev, qui exploite la ligne de train régional avec Nice depuis l'an dernier, distribue des bouteilles d'eau, de la crème solaire ou des éventails aux passagers.
En Ile-de-France, IDFM a déployé 131 fontaines à eau destinées aux voyageurs.
- "Ébullition" -
À Lille, les après-midi de forte chaleur jusqu'au 22 juin le réseau de bus Ilévia permet aux conducteurs d'allonger leurs temps de pause, avec au minimum 20 minutes de récupération toutes les deux heures dans des espaces climatisés.
À Paris, le métro, dont la construction a démarré en 1898, n'a que 50% de ses rames équipées de "ventilation réfrigérée" soit 1 sur 2 (lignes 1, 2, 5, 9, 11 et 14) et une partie du parc des lignes 4 et 10, en cours de modernisation.
En banlieue, en revanche, 93% du parc de RER géré par la RATP est équipé de ventilation réfrigérée. Et tous les tramways, généralement récents, sont climatisés ou réfrigérés.
À Lyon, tous les tramways sont climatisés, mais une seule ligne de métro sur quatre l'est, ce qui déclenche des plaintes régulières des usagers sur les réseaux sociaux.
D'autant que selon le réseau des Transports en commun Lyonnais (TCL), "lors des épisodes de fortes chaleurs, les véhicules les moins adaptés ne sont, dans la mesure du possible, pas engagés en exploitation".
À Besançon, les toits des bus exploités par Keolis sont peints en blanc pour limiter l'absorption de chaleur, et le réseau Ginko déploie de la végétalisation sur les abribus et les stations, ainsi que des vitres fumées aux points d'attente.
À Bordeaux, quand les températures montent trop, certains bus ou tramways doivent rentrer au dépôt, car leur système de climatisation, situé sur le toit, "se met en sécurité", ce qui engendre "de nombreuses perturbations sur les lignes", indique le réseau Transports Bordeaux Métropole.
Parfois des innovations très mécaniques ont un effet direct sur le bien-être des conducteurs par temps de canicule. "J'ai connu bien pire quand les moteurs du bus étaient à l'avant, nous étions en ébullition dans la cabine de pilotage. Maintenant ils sont à l'arrière, cela va beaucoup mieux pour nous", remarque un conducteur de bus parisien sur la ligne 39, ni climatisée ni rafraîchie.
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(Y.Rousseau--LPdF)