Le Pays De France - Pierra Menta: Un siècle plus tard, le ski-alpinisme de retour aux JO

Paris -
Pierra Menta: Un siècle plus tard, le ski-alpinisme de retour aux JO
Pierra Menta: Un siècle plus tard, le ski-alpinisme de retour aux JO

Pierra Menta: Un siècle plus tard, le ski-alpinisme de retour aux JO

Présent lors des premiers Jeux d'hiver en 1924, le ski-alpinisme reviendra cent ans plus tard aux Jeux de Milan et Cortina d'Ampezzo en 2026 après un coup de jeune qui a fait fi des longues balades endurantes et sauvages "sur de vrais sommets" faisant son essence.

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Dans le massif du Beaufortain, c'est une version pure du ski-alpinisme qui a réuni les aficionados, élite et amateurs, pour une course en duo devenue légendaire, la Pierra Menta, créée en 1986.

Les concurrents ont enquillé 10.000 mètres de dénivelé durant quatre jours pour des parcours quotidiens intenses de trois heures, montant à 2680 m d'altitude, grimpant skis aux pieds recouverts d'une peau de phoque (appelée aussi peluche) pour accrocher la neige et ne pas glisser, crapahutant skis dans le dos en marchant comme des équilibristes sur des arêtes terriblement étroites, pour au final descendre à toute allure dans la poudreuse.

"Il y a un niveau physique incroyable et un niveau de performance juste extraordinaire. Ce sont vraiment des athlètes complets. S'ils venaient sur d'autres sports je pense qu'on les verrait largement devant", explique à l'AFP le champion des courses d'ultra endurance, François D'haene, fidèle à la Pierra Menta depuis 12 ans et qui prend part à des coupes du monde.

- 5 titres olympiques en 2026 -

Un temps appelé ski de montagne en français, le ski-alpinisme a d'abord vécu autour des grandes courses, comme la Pierra Menta en France ou la Patrouille des Glaciers en Italie. Puis sont apparus les grands championnats et un circuit de coupe du monde avec des formats plus courts, le tout géré par la Fédération internationale (ISMF) qui propose 18 événements pour la saison 2021/2022.

Dans quatre ans, ce sera le grand bain olympique alors que les organisateurs italiens l'ont proposé comme sport additionnel. Trois épreuves (sprint, individuel, relais mixte) pour cinq titres en jeu.

"L'Italie, c'est un pays de montagne et un des pays leaders du ski-alpinisme. Je suis convaincu que ça restera, c'est un très beau sport, c'est l'origine du ski", assure à l'AFP le président de la Fédération française (FFME), Alain Carrière.

"Les formats se déroulent sur une même journée, voire même à la demie. Le sprint fait moins de 3 minutes, le relais une dizaine de minutes et la course individuelle se joue en 1 h 30. C'est plus lisible et plus adapté aux exigences du CIO", poursuit Alain Carrière pour qui le "ski-alpinisme coche toutes les cases".

- "Pas le vrai ski-alpinisme" -

La discipline a déjà connu le monde de l'olympisme. A Chamonix en 1924 pour les tout premiers Jeux d'hiver, elle y figurait avec une seule épreuve - par équipe - connue sous le nom de la "patrouille militaire" (une montée avec des peaux de phoque et une descente en ski alpin) avant d'en sortir en 1948.

En 2026, les épreuves seront près des pistes et non sur les sommets, répondant aux critères du CIO pour la présence de public.

Ce qui met un bémol pour la communauté.

"Ce ne sera pas comme ici, où on monte sur le Grand Mont, sur les crêtes, sur la montagne. Ce sera du ski-alpinisme mais ce ne sera pas le vrai ski-alpinisme", estime auprès de l'AFP l'Italien Michele Boscacci, N.1 mondial et vainqueur de la Pierra Menta samedi avec son compatriote Matteo Eydallin, qui lui s'attend à une "ambiance plus triste".

"Mais bon, les Jeux olympiques, ça ne me regarde pas, je laisse ça aux plus jeunes et ceux qui sont motivés pour les sprints, moi je reste à faire mes courses classiques !", dit à l'AFP Eydallin.

Le relais devrait permettre aux trentenaires d'aujourd'hui qui caracolent en tête des classements comme Eydallin ou Xavier Gachet et sa femme Axelle Mollaret, quintuple championne du monde, de vivre l'aventure olympique.

"Pour beaucoup, j'espère que ce sera une bonne chose. Moi je suis venu au ski-alpinisme pour des courses comme la Pierra Menta, où on a le temps d'aller dans des endroits vraiment sauvages et d'aller se balader sur des vrais sommets. Aux Jeux, le format répondra aux formats coupes du monde et moi j'aime plus les vraies courses longues", soutient D'haene.

(L.Garnier--LPdF)