Le Pays De France - Champions Cup: Bordeaux-Bègles, c'est sérieux devant aussi

Paris -
Champions Cup: Bordeaux-Bègles, c'est sérieux devant aussi
Champions Cup: Bordeaux-Bègles, c'est sérieux devant aussi / Photo: © AFP

Champions Cup: Bordeaux-Bègles, c'est sérieux devant aussi

Réputé depuis quelques années pour sa "Patrouille de France" de trois-quarts et ses facteurs X aux statistiques affolantes, Bordeaux-Bègles peut légitimement compter aussi sur des avants au diapason, déterminants face à Toulouse (30-15) dimanche en quarts de finale de Champions Cup.

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Concassés en 2024 à Marseille lors de la première finale de l'histoire du club girondin (59-3), les "gros" de l'UBB s'étaient retrouvés lors de la demi-finale européenne face à ces mêmes Toulousains il y a un an (35-18), gagnant à la surprise générale la bataille des rucks face à Jack Willis et compagnie.

Une performance un peu éclipsée à l'époque car les Haut-Garonnais s'étaient présenté au Stade Atlantique sans Antoine Dupont, Thomas Ramos et Peato Mauvaka.

Dimanche, ces trois-là étaient bien présents à Chaban et le pack composé par Ugo Mola avait plus que fière allure: six internationaux français vainqueurs du dernier Tournoi des six nations, plus l'Anglais Willis, passé maître dans le grattage, et le pilier américain David Ainu'u.

Cela n'a pas suffi pour remporter la bataille du sol, "secteur prépondérant", selon le 3e ligne visiteur François Cros, dans ce choc au sommet entre les deux favoris désignés de la compétition.

Jefferson Poirot par deux fois en première période, puis les entrants Ben Tameifuna (2 fois aussi) et Matis Perchaud notamment ont fait dérailler les champions de France.

Mieux encore, les Girondins, sans complexes, ont su faire front sur les ballons portés adverses près de leur ligne, coffrant deux fois le porteur par un Adam Coleman (2,07 m, 122 kg) royal.

Leur mêlée a aussi tenu le coup, effaçant l'impression de souffrance laissée dans ce domaine lors de la finale du dernier Top 14 au Stade de France (39-33 a.p.).

Et pour emballer le tout, la puissance dégagée par le banc - les trois 3e ligne Temo Matiu, Bastien Vergnes et Tiaan Jacobs précieux dans le jeu frontal - a définitivement fait pencher le momentum dans le camp unioniste, bien décidé à conserver son titre en mai.

- "Le respect, ils le méritent" -

"Ce sont les avants qui ont fait basculer le match, a résumé le demi de mêlée et capitaine Maxime Lucu. C'est clairement eux et je dirais même les six avants remplaçants qui ont fait la différence, ils ont été incroyables".

"On est en pleine progression, on sait qu'on est en train de s'améliorer et qu'on est devenu une équipe beaucoup plus dense dans tous les secteurs de jeu et on l'a prouvé", a souligné le talonneur Maxime Lamothe.

Moins mis en avant que les trois-quarts, à l'image de l'ailier supersonique Louis Bielle-Biarrey (25 matches, 28 essais cette saison) ou du maître à jouer Matthieu Jalibert, les avants de l'UBB seraient-ils sous-évalués ?

"Un peu, a estimé Lucu. Je sais qu'ils sont très vexés de ce qu'ils peuvent lire et entendre ces dernières années. Ils avaient ciblé et coché ce match-là et même en cochant, on n'est pas sûr de gagner contre Toulouse. Ils ont montré que le respect, ils le méritent parce que franchement, ils ont fait un sacré match. Sans eux, on serait rentrés à la maison".

"Si on devait être vexé à chaque fois qu'on entend que l'UBB a un pack d'avants qui n'est pas digne de ce nom, on serait vexé toutes les semaines, a relativisé Lamothe. On a confiance en nous, on sait la valeur qu'on a avec notre pack d'avants. Quand on met les choses dans l'ordre, bout-à-bout, on peut faire des grands matches et c'est ce qui s'est passé. Donc voilà, être frustré par ce qui se dit sur les réseaux sociaux ou par vous, ça nous est égal en vérité".

(L.Chastain--LPdF)