Roland-Garros: la Russe Mirra Andreeva balaie l'Ukrainienne Marta Kostyuk en demi-finales
Marta Kostyuk n'était donc pas invincible sur terre battue: après seize succès d'affilée sur la surface ocre, l'Ukrainienne a été balayée 6-1, 6-3 par la Russe Mirra Andreeva, jeudi en demi-finales de Roland-Garros .
A 19 ans à peine, la Sibérienne disputera samedi sa première finale en Grand Chelem, contre sa compatriote Diana Shnaider (23e mondiale) ou la révélation polonaise du tournoi Maja Chwalinska (114e).
Ces trente dernières années, seules trois joueuses ont atteint la finale porte d'Auteuil en étant plus jeunes qu'Andreeva: la Suissesse Martina Hingis (1997, 1999), la Belge Kim Clijsters (2001) et l'Américaine Coco Gauff (2022).
"C'est génial ! Je n'ai jamais ressenti quelque chose de pareil auparavant", s'est exclamée la gagnante de la première demi-finale dans son interview d'après-match.
Dans un duel aux enjeux dépassant le tennis, plus de quatre ans après le début de l'invasion russe en Ukraine, Kostyuk (15e) a perdu d'entrée sa mise en jeu et a peiné à exister dans le premier set face à une Andreeva clinique.
Prise de vitesse par la qualité du service et la longueur de balle de la Russe, la lauréate des tournois de Rouen et de Madrid a gaspillé ses rares occasions d'engager le bras de fer en commettant de nombreuses fautes directes (34, contre 22 pour Andreeva).
"Je suis ravie de la façon dont j'ai joué, ravie de prendre ma revanche après la finale du WTA 1000 de Madrid (perdue début mai contre Kostyuk, NDLR) et ravie de me qualifier pour ma première finale en Grand Chelem", a exulté Andreeva quelques instants après la balle de match.
A 23 ans, Kostyuk disputait sa première demi-finale en Grand Chelem et lui avait donné un tour très politique en profitant de ses discours d'après-match pour rappeler les souffrances du peuple ukrainien, là où Andreeva, déjà demi-finaliste à Paris en 2024, s'est très peu exprimée sur l'invasion russe en Ukraine.
Si quelques drapeaux jaune et bleu coloraient les tribunes du court Philippe-Chatrier, balayé comme la veille par des rafales de vent, les encouragements du public n'ont pas suffi pour sauver Kostyuk, en panne de premières balles et de coup droit.
Au fur et à mesure du match, la native de Kiev a de plus en plus laissé filtrer son impuissance, lançant des regards perplexes vers son entraîneuse Sandra Zaniewska et se défoulant occasionnellement sur sa raquette ou sur des balles entre les échanges.
A 4-1 dans le deuxième acte, la fermeture du toit du Central en raison d'averses imminentes a rallumé une lueur d'espoir chez les partisans de Kostyuk, qui a sauvé sa mise en jeu avant de débreaker sur un jeu blanc pour revenir à 4-3.
Mais un an après perdu pied en quart de finale sur un Central uni en bloc derrière la Française Loïs Boisson, Andreeva a cette fois mis immédiatement fin aux espoirs de remontée de l'Ukrainienne, en lui reprenant sa mise en jeu d'un smash rageur (5-3).
La seule rescapée du top 10 dans le tableau féminin a conclu l'affaire dans le jeu suivant, s'offrant en 1h16 sa première victoire contre Kostyuk après deux défaites en autant de confrontations.
(F.Bonnet--LPdF)