Le Real Madrid rappelle José Mourinho, treize ans après
Le "Special one" à la rescousse: au terme d’une saison blanche et chaotique, le Real Madrid a officialisé jeudi le retour de son ancien entraîneur José Mourinho pour remettre de l’ordre dans la Maison Blanche, treize ans après la fin de son premier mandat.
Comme annoncé par le président madrilène Florentino Pérez, réélu dimanche jusqu'en 2030, le tacticien portugais de 63 ans s'est engagé officiellement pour trois saisons, jusqu'en juin 2029, après plusieurs semaines de spéculations.
Mourinho, reconnu comme l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire du football, revient à Madrid pour relever un immense défi: aider le géant espagnol à gagner à nouveau, après deux saisons d'affilée sans titre majeur, et alors que sa propre étoile de technicien a clairement pâli depuis son départ de Manchester United il y a bientôt huit ans.
Libéré pour 15 millions d'euros par le Benfica, selon le club portugais, le coach portugais sera chargé de remettre de l'ordre dans un vestiaire fracturé et de rebâtir une équipe compétitive.
Pour cela, il peut déjà compter sur un premier renfort, celui du défenseur international français Ibrahima Konaté, en provenance de Liverpool et dont le transfert a été confirmé lundi. Selon les promesses faites par Florentino Pérez dans le cadre de sa campagne pour sa réélection, celui du latéral néerlandais Denzel Dumfries, de l'Inter Milan, pourrait suivre.
Le "Special One", connu pour son tempérament volcanique et provocateur et ses talents de meneur d'hommes, sera en revanche confronté aux mêmes dilemmes que ses prédécesseurs Carlo Ancelotti, Xabi Alonso et Alvaro Arbeloa, qui ont tous échoué à faire évoluer ensemble les trois superstars Kylian Mbappé, Vinicius Junior et Jude Bellingham sans déséquilibrer leur onze.
- Héritage contesté -
Le retour du "Mou" est le fruit de la volonté de Florentino Pérez, convaincu que l'ex-entraîneur de Chelsea a "renforcé la compétitivité" du club madrilène lors de son premier passage sur le banc (2010-2013) et posé les bases des succès de la dernière décennie, soit "six Ligue des champions en dix ans". Mais il est loin de faire l'unanimité.
Adulé par les uns, détesté par d'autres, Mourinho est considéré en Espagne comme celui qui a mis fin à l'hégémonie du grand Barça de Pep Guardiola et Lionel Messi au début des années 2010, en raflant une Liga, une Coupe du Roi et une Supercoupe d'Espagne, mais pas de Ligue des champions.
Pour de nombreux supporters, il avait certes permis au Real de gagner à nouveau, en réussissant notamment à gérer les égos démesurés de ses stars, dont Cristiano Ronaldo. Mais il a aussi - et surtout - divisé et abîmé durablement l'image institutionnelle du club, où il a installé une culture du conflit, avec des attaques constantes envers son rival catalan, les arbitres et même ses propres joueurs (Benzema, Casillas, Ramos...).
Il ne sera en tout cas pas dépaysé par le climat délétère dans lequel il va débarquer, au terme d'une saison chaotique marquée par des tensions internes, illustrées en mai dernier par la violente altercation entre Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde, qui a envoyé le milieu uruguayen à l'hôpital.
Et sa mission sera, en somme, plutôt similaire à celle de l'époque: stopper à tout prix la domination du FC Barcelone, double champion d'Espagne en titre, et ramener le Roi d'Europe où il se doit, parmi les prétendants à un titre en Ligue des champions.
(H.Duplantier--LPdF)