Viols: le jockey Pierre-Charles Boudot de retour en piste au lendemain d'un pourvoi en cassation
Le jockey multititré Pierre-Charles Boudot a effectué samedi son retour en piste à Compiègne (Oise) après cinq ans de suspension en France, alors que les deux femmes qui l'accusent de viols se sont pourvues vendredi en cassation.
À l'arrivée d'une épreuve de niveau modeste dont il a pris la deuxième place, Pierre-Charles Boudot a déclaré samedi au micro de la chaîne Equidia ressentir "plein d'émotions".
"Revenir aujourd'hui pour monter pour la casaque de ma sœur, c'est un bon moment, le début d'une belle aventure", a-t-il continué sur la chaîne spécialisée dans la course hippique. "Ces cinq ans ont été compliqués mais j'ai envie de parler du futur", a-t-il ajouté.
Pierre-Charles Boudot, 33 ans, considéré comme l'un des meilleurs jockeys au monde, était suspendu de compétition en France depuis sa mise en examen pour viol en 2021.
Il a pu récupérer sa licence d'autorisation de monter en course après le non-lieu prononcé la semaine dernière par la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens, qui a estimé que les éléments constitutifs des infractions qui lui étaient reprochées n'étaient "pas réunis".
Mais les deux plaignantes, qui dénoncent des faits survenus pour l'une à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et pour l'autre à Deauville (Calvados), ont formé vendredi des pourvois en cassation, a appris l'AFP auprès de leurs avocates, confirmant une information de Franceinfo.
Selon Me Justine Devred et Me Isabelle Colombani, le parquet général d'Amiens s'est également pourvu en cassation.
Contactés par l'AFP, le parquet général et l'avocate du mis en cause n'ont pas répondu dans l'immédiat.
Fin 2025, un juge d'instruction de Senlis avait ordonné le renvoi du cavalier devant la cour criminelle de l'Oise pour les faits de Cagnes-sur-Mer, prononçant un non-lieu pour ceux de Deauville. L'avocate de Pierre-Charles Boudot avait fait appel du renvoi dans le premier cas, tandis que Me Colombani avait fait appel pour le second.
Celle-ci dénonce des "manquements" au cours de l'instruction: "refus de demandes d'actes", "auditions de témoins qui n'ont pas été effectuées", "confrontations qui n'ont pas été organisées".
"L'arrêt (de la chambre de l'instruction) se contente d'énumérer les éléments à décharge", regrette Me Devred, alors qu'il existe des éléments à charge "certains" qui n'ont "malheureusement pas toujours été exploités".
À l'inverse, l'un des principaux rivaux du cavalier, le Belge Christophe Soumillon, s'est dit auprès de l'AFP "triste de voir que quelqu'un a été empêché pendant cinq ans de travailler".
(A.Monet--LPdF)