France : Le déconditionnement personnalisé des médicaments entre dans le cadre national
Le ministère de la Santé italien a publié au Journal officiel les lignes directrices nationales régissant le service de déconditionnement et de reconditionnement personnalisé des médicaments solides en pharmacie. Cette mesure, entrée en vigueur le 11 septembre 2026, vise à uniformiser une pratique auparavant fragmentée selon les régions, afin d'améliorer l'observance thérapeutique des patients âgés et de sécuriser la prise des traitements.
Le ministère italien de la Santé a officialisé, par la publication au Journal officiel des lignes directrices nationales, le cadre réglementaire du service de déconditionnement et de reconditionnement personnalisé des médicaments en pharmacie. Ce décret, signé par le sous-secrétaire d'État Marcello Gemmato et entré en vigueur le 11 septembre 2026, vise à mettre fin à la fragmentation territoriale qui caractérisait jusqu'alors cette pratique. L'objectif affiché est de garantir une sécurité accrue pour les patients, en particulier les personnes âgées, tout en optimisant l'observance des traitements complexes.
Cette initiative intervient après que le Conseil d'État a déjà validé la légalité du service en septembre 2025. Cependant, son déploiement est resté inégal sur le territoire national, suivant une logique de « tache de léopard ». Seules certaines régions, telles que l'Émilie-Romagne, la Lombardie et la Vénétie, avaient déjà édicté leurs propres normes régissant cette activité. Les autres régions restaient en attente d'instructions claires. Le nouveau décret impose désormais aux autorités régionales de se conformer à ces lignes directrices nationales, créant ainsi une uniformité juridique et opérationnelle pour les pharmacies publiques ouvertes.
Le service permet aux pharmaciens de retirer les médicaments solides de leurs conditionnements industriels originaux (déblistering) pour les reconditionner dans des boîtes divisées par jours et heures de prise. Cette manipulation vise à simplifier la gestion quotidienne des traitements pour les patients souffrant de polypathologies, une situation fréquente chez les seniors qui consomment une part disproportionnée des prescriptions pharmaceutiques. Le médecin reste seul compétent pour définir la thérapie, y compris le principe actif, la quantité, la durée et les horaires. Le pharmacien intervient uniquement sur l'aspect logistique et sécuritaire du conditionnement.
Selon les directives ministérielles, le pharmacien doit assurer le reconditionnement en respectant strictement les conditions de sécurité, de qualité et d'hygiène. Paola Minghetti, présidente de la Société italienne des pharmaciens préparateurs (Sifap) et membre du groupe de travail ayant élaboré ces lignes directrices, a précisé que toute pharmacie souhaitant proposer ce service doit en informer l'autorité sanitaire territoriale compétente, susceptible d'effectuer des inspections. Elle doit également mettre en place les procédures de « bonnes pratiques de préparation » prévues par la Pharmacopée.
Le processus implique une responsabilité juridique claire : le patient remet ses médicaments au pharmacien en signant une lettre de mandat, transférant ainsi la responsabilité de la conservation correcte des produits. Le pharmacien évalue la faisabilité technique et professionnelle du reconditionnement, assure la traçabilité de tous les produits et applique une nouvelle étiquetage contenant les informations essentielles pour le patient. Il conserve également la possibilité d'interagir avec le médecin traitant en cas de doute.
La question du financement reste un point de tension entre l'État central et les régions. Le sous-secrétaire Gemmato a affirmé que ce service ne devrait pas coûter directement au citoyen, car il s'inscrit dans les activités de service des pharmacies financées par l'État depuis 2017, avec une allocation de 50 millions d'euros lors de la dernière loi de finances. Une partie de ces fonds ou des ressources régionales pourrait être utilisée pour rémunérer cette pratique. Gemmato souligne que le reconditionnement génère des économies pour le système de santé régional : en améliorant l'adhésion au traitement, il retarde l'apparition des symptômes et réduit les coûts pour les caisses de l'État et des régions. La quantification précise de la rémunération du service est laissée aux accords régionaux.
Pourtant, la mise en œuvre concrète révèle des divergences significatives. En Lombardie, où le service était déjà proposé à titre expérimental et payant depuis 2022, un décret approuvé le 22 octobre par le directeur général du Welfare, Mario Melazzini, met à jour les dispositions de février 2022. Ce texte réaffirme explicitement que « le coût de la préparation ne relève pas des services pris en charge par le Service sanitaire régional ». Cette position contraste avec la vision d'un financement indirect via les fonds nationaux évoquée par Rome.
Malgré ces frictions financières, le modèle est salué par les professionnels. Andrea Mandelli, président de la Fédération des Ordres des pharmaciens italiens (Fofi), a loué ce cadre national. Il estime que ce modèle simplifie le parcours de soin, améliore la qualité de vie des patients et contribue à réduire les déchets liés à une prise incorrecte ou absente des médicaments, offrant ainsi des bénéfices pour la durabilité du système de santé et l'environnement.
(H.Duplantier--LPdF)